Room Me :: Anaon

Faut-il encore parler de PJ Harvey lorsque l’on veut décrire la musique de Room Me ?  Depuis son premier EP Dirty Hotel, la messine marche sur les pas de la rockeuse du Dorset, mais elle semble depuis quelque temps vouloir s’émanciper de cette influence avouée. On a déjà pu remarquer cette nouvelle direction artistique avec son projet God’s Empire monté l’année dernière avec Jérôme Colombelli (Uneven Structure, Cult Of Occult). Tous les deux ont sorti un excellent EP éponyme mixant climat doom et ambiance rock.
Aujourd’hui,  avec ce nouvel effort solo,  Room Me continue sur cette lancée. Mises à part encore quelques touches PJHarveysques dans le chant et sur le titre « Sheets », la musique évolue vers des contrées plus sombres. Anaon, mot breton symbolisant l’ensemble des âmes des défunts et le lieu où elles se retrouvent, est à l’image de son titre : noir et mélancolique. Composé lors d’une année assez compliquée pour Anne-Sophie, ce nouvel album dévoile la part secrète de Room Me et parle de ce dont elle n’a jamais osé dire. Sans être cathartique, Anaon se révèle être un véritable exutoire pour la messine.
Beaucoup plus envoûtante que par le passé, Room Me se fait plus mystérieuse et féline en abordant des sujets aussi douloureux que la mort, la fin d’une histoire ou le passé. « The End », chant du cygne d’un album  parfait de bout en bout, est sans doute le morceau le plus inattendu de la part Room Me. Ce titre, qui voit la collaboration avec Jean-Claude Vandoom du groupe Lyonnais Cult of Occult, symbolise à lui seul toute la beauté ténébreuse de cet album.
Avec Anaon, Room Me livre son album le plus personnel et se révèle de la plus belle des façons.  Bye Bye PJ Harvey, bonjour Room Me.

Damien