Rome Buyce Night :: The Indian Castle of Morocco

Les garçons de Rome Buyce Night ne sont pas du genre pressés. Il leur a fallu cinq ans pour donner une suite à Ann Arbor, un album marqué par l’arrivée d’un second guitariste (Jérôme Orsoni) et des échappées vers des nouvelles contrées musicales (afro-beat, folk, pos punk). Mais ce n’est pas pour autant que le quatuor s’est endormi sur ses lauriers. Après une collaboration avec Sons Of Frida sur l’album Orchestra (2012), le groupe a sorti l’année dernière l’EP Adieu La Femme Sauvage (2014) dans l’indifférence générale. De plus, Jérôme Orsoni continue de publier des livres, dont le dernier en date Les Monstres Littéraires vient de paraître chez Actes Sud.

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Rome Buyce Night revient avec un album au titre tout aussi énigmatique que le précédent que le quatuor revient. The Indian Castle of Morocco est annoncé comme un album « Plus simple, mais aussi plus expérimental que son prédécesseur ». C’est surtout un album percutant et inventif, éprit d’une liberté totale. Il part dans de multiples directions que seule l’improvisation peut le permettre. L’improvisation étant le langage propre de celui qui l’exécute, l’auditeur ne sait jamais à quoi s’attendre durant chaque minute qui défile. Rome Buyce Night improvise comme Can se le permettait à ses débuts. Rome Buyce Night réinvente le cut-up sonore et se met en danger à chaque instant comme pour mieux créer des nouveaux horizons (Le Pays des Possibles). Il suffit d’un riff de guitare au son cradingue (Rome Buyce Night) et tout le reste du groupe fonce tête baissée pour improviser autour. Rome Buyce Night surprend son monde à chaque instant en déconstruisant sa musique pour mieux la reconstruire et offrir un instant unique qui ne peut pas être improvisé une seconde fois à l’identique. On traverse ces six titres avec l’esprit sans cesse ébloui par les découvertes inattendues. Majoritairement instrumental, The Indian Castle of Morocco est tout de même parsemé de compositions chantées/parlées où la frontière entre le rock et la littérature n’est jamais très claire.
Érudit sans être élitiste, Rome Buyce Night offre une nouvelle fois quelque chose d’unique à entendre et ouvre les oreilles en grand à tous ceux qui veulent bien se pencher sur leur cas.

Damien

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