Richard Hawley :: Further

© Chris Saunders

L’attente aura duré quatre ans. Après la sortie de Hollow Meadows en 2015, Further est le neuvième effort solo du natif du South Yorkshire, qui a pris le temps de polir avec soin ses onze chansons.
La surprenante entrée en matière Off My Mind (en tout cas pour sa fanbase historique) semble annoncer un album électrique et tendu. Avec My Little Treasures, il ne faut pas plus de deux titres pour s’apercevoir que ses moments de grâce sont (surtout) ceux de la tristesse romantique, balisés par de  merveilleuses ballades, ceux, par exemple, des pintes descendues  avec des vieux amis de son père dans un bar de Sheffield (‘Cold beer in warm places, heartache and old faces’).  C’est ce Richard Hawley qui nous attire, ce baryton hors-pair, celui aussi qui tente de rendre justice au passé fastueux des songwriters américains des années cinquante.
Time is ferait, lui, rougir Neil Diamond, Alone Morrissey.
Du greffon section rythmique, guitare, orchestre, dans un crescendo sublime, naît Further, une dentelle d’une imparable beauté tranquille où chaque mot fait entendre sa force mélodique. Les cordes étincelantes sur Emilina Says offrent des instants d’une incroyable volupté.
En milieu de parcours, Galley Girl, récit d’amour et d’évasion,  Is There a Pill ? avec ses tambours percutants et ses déferlements de riffs , nous rappellent le Richard Hawley de Heat of Oak, capable d’alterner douceur et brutalité.
Midnight Train et Not Lonely sont d’un classicisme remarquable: Ils les fallaient à cet endroit, … ou ailleurs.
Doors indique la porte de sortie ‘Here it comes/ so say Goodbye/ To all you’ve known/Throughout your life cause’ et conclut un album dont le seul défaut est sa brièveté.

Hervé