Police des Mœurs « Les Mécanismes de la Culpabilité »


Les Mécanisme de La Culpabilités

Police des Mœurs. Il faut une certaine dose d’autodérision pour prendre comme nom de scène un patronyme  qui fait plus penser à de la littérature de seconde zone qu’à un groupe de pop synthétique. Une littérature que l’on n’ose pas lire, celle que l’on dénigre facilement mais que l’on a tous lu un jour ou l’autre dans sa vie. Et pourtant, ce groupe montréalais qui tire peut-être  son nom  de la série de romans du même nom créée par Pierre Lucas, n’a rien à voir de près ou de loin avec cette  sorte de SAS du pauvre. Bien au contraire. Selon le groupe, La Police des Mœurs « c’est celle insidieuse qui se trouve dans nos têtes et qui nous pousse inconsciemment à ne pas dévier de la norme, que ce soit une norme sociale ou celle d’un groupe marginal ».

Formé en 2010 par un seul homme qui tentait de faire vivre son premier groupe Les Temps Liquides, Police des Mœurs est aujourd’hui un groupe à part entière  depuis l’arrivée de trois nouvelles entités et les sorties de plusieurs 45 tours sur le label Visage Musique.  Souvent décrite comme mélancolique et sombre, la musique qui se trouve dans Les Mécanismes de la Culpabilité possède la beauté froide des villes industrielles désertées par l’humain. Dans les textes chantés en français, l’univers est pessimiste et parle souvent, avec beaucoup de lucidité, du contexte social et politique qui entoure le groupe québécois. En ce qui concerne la musique, on est ici en présence d’une sorte de cold synth wave digne héritière de glorieux ainés tels que Deux et Moderne. On peut facilement comparer Police des Mœurs à Kas Product redonnant une bouffeé d’Oxygène à Kraftwerk. La seule différence notable avec la nouvelle scène minimale wave qui est en train de revenir, c’est que Police des Mœurs n’essaie pas de « faire comme », Police des Moeurs « est » et  « respire » comme ses glorieux ainés. Apprendre que ces six titres aient été composés dans un bunker en attendant la prochaine apocalypse serait pour nous une simple formalité tellement Les Mécanismes de la Culpabilité jette un coup de froid futuriste sur tout ce que l’on peut entendre aujourd’hui.

Sur la pochette, une enseigne apposée sur une église annonce que « Le salaire de ton péché c’est l’enfer ». Le plus grand péché serait de ne pas reconnaître les valeurs intrinsèques de cet album.

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