PIXIES @ La Rockhal


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Qu’attendre d’un concert des Pixies en 2013 ? Sans Kim Deal qui plus est. D’un groupe qui
est moins, du coup. Tout en étant égal à lui-même, puisqu’une autre Kim, Shattuck pour être nommément précis, remplace sans démériter la gigantic meneuse des Breeders. On ne peut pas en plus lui demander d’être aussi outrageusement overcool que sa glorieuse aînée. Qu’attendre, donc, des trois quarts du groupe de rock le plus important de ces vingt dernières années ?

Ce lundi 11 novembre 2013 à la Rockhal d’Esch sur Alzette, colossal cube de béton dans lequel on
s’engouffre une mettwurst à la main, on s’attend à passer un bon moment. On en passera un excellent. Abrasif et pied au plancher. De « Levitate Me » à « I’ve been tired ».  Saufqu’auparavant, presque trente minutes se seront écoulées. Plutôt agréables,entre l’incontournable « Mr. Grieves » et la plus rare « Ana », et deux des nouvelles nées de la reformation, l’agréable « Indie Cindie » et la plus dispensable « Another toe in the ocean ». Mais on s’ennuie gentiment. Et puis on réfléchit. « Levitate me », fais-moi léviter, pour ouvrir la première parenthèse furibarde de cette setlist luxembourgeoise, « I’ve been tired », j’ai été fatigué, pour la conclure, c’est calculé. Réfléchi. Les trois plus une membres de cette nouvelle tournée ne se sont pas enfermés pour répéter 80 titres du répertoire des Pixies par hasard, mais bien pour construire, chaque soir, une setlist qui déchire.

Pourtant, ce qui fait le sel d’un concert des Pixies, ce n’est pas tant la setlist en tant que telle mais cette volonté qu’a toujours eu Frank Black, même en solo, de faire des concerts sans temps mort, où les titres s’enchaînent à toute vitesse, qu’ils soient up, down ou mid tempo. Pas simple avec des chansons qui mixent parfois les trois. Or, ce soir, il y a des blancs. Exactement comme lorsqu’un DJ foire. 

Alors, oui, dans la foulée de cette inespérée cavalcade de six titres, « Bagboy » prend une dimension insoupçonnée (même s’il souffre toujours de sa durée excessive). Et l’inédite « Greens and blues » se démarque grâce à Joey Santiago. Mais le classique « Monkey Gone to Heaven » tombe soudain comme un cheveu sur le crâne de Frank Black, « Brick is Red » fait le job, « N° 13 baby » un bien fou, tant l’album « Bossanova » a trop souvent été réduit au silence. « Blue eyed hexe » s’affiche sans faillir comme l’un
des meilleurs titres post-Kim Deal. Et puis ça suit son cours. Ça monte et ça descend. Alors que « normalement », ça devrait filer droit dans le mur à toute berzingue. Même « Where Is My Mind » est balancé comme on lâche un sac de sable d’un ballon à gaz : parce qu’il le faut.

Vient le rappel. Les premières notes du tonitruant « Planet Of Sound » retentissent, on se presse devant la scène pour sautiller de joie et hop, « Cactus » et hop, « Vamos ». Petite surprise, pour son incontournable solo de bravoure, Santiago troque son archet contre une cannette. Pas le volatile, non, bien sûr. Une cannette de soda. C’est amusant. Voilà. Rideau.

Alors. Qu’attendre d’un concert des Pixies en 2013 ? Un show solide qui prend le risque maximum de ne jamais compter sur autre chose que la musique. Quelques fulgurances. L’attente, encore elle, de LA chanson vénérée mais presque jamais jouée. Ce soir à la Rockhal, c’est râpé pour « Alec Eiffel ». Mais finalement, quand y songe bien : c’est déjà beaucoup. Il suffit de suivre l’évolution d’un groupe comme Arcade Fire pour s’en rendre compte. Loin des prestations fiévreuses qui ont accompagné les deux premiers albums des Canadiens, la tournée « Suburbs » sentait déjà le professionnalisme à plein nez. Six ans seulement après leurs débuts.

Vingt ans après leurs séparation, on peut donc aisément pardonner aux Pixies de ne pas appliquer leur recette de toujours avec autant de fraicheur et de vigueur qu’à leurs débuts

Arnaud

Setlist complète

01: Ed’s Dead
02: Nimrod’s son
03: Mr. Grieves
04: Here comes your man
05: Ana
06: Indie Cindy
07: La la love you
08: Bone machine
09: Dead
10: Another toe in the ocean
11: Levitate me
12: Head on (The Jesus and Mary Chain Cover)
13: River Euphrates
14: Isla de Encanta
15: Something against you
16: I’ve been tired
17: Bagboy
18: Greens and blues
19: Monkey gone to haven
20: Brick is red
21: No. 13 baby
22: Blue eyed hexe
23: Gauge away
24: Tame
25: Wave of mutilation (normale Version)
26: Hey
27: Caribou
28: In heaven (Lady in the radiator song)
29: Andro queen
30: Where is my mind


Rappel
31: Planet of sound

32: Cactus
33: Vamos