Perez « Cramer »

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« C’est beau une ville la nuit » comme dit l’autre.
D’accord, mais pas accompagné par n’importe qui. Laissez-nous le choix de vivre
ces moments sombres avec la personne que l’on souhaite. En ce moment, on
passerait bien nos heures lunaires avec Perez. Derrière ce projet solo, se
cache l’ex-chanteur d’Adam Kesher, Julien Perez, dans lequel le Bordelais tente
de jouer avec le feu avec un premier EP intitulé « Cramer ». En entrant dans une cour déjà bien remplie par
Lescop, Yan Wagner et AV, Perez n’a pas peur de se brûler les ailes tel Icare
s’approchant trop près du soleil. Car ici, le soleil est noir comme celui de Gérard
de Nerval. Nous ne sommes jamais très loin du noctambulisme de Christophe. Perez
aime la nuit urbaine car rien n’est plus vrai que lorsque les histoires se
passent la nuit. Les sentiments y sont plus vrais que le jour. La nuit on ne
ment jamais au risque de contredire Bashung. Loin d’être un nouveau projet
revival new wave chanté en français, Perez se sert des volutes électroniques pour
mieux chanter/parler des virées sous la lune pour oublier le jour, les
rencontres d’un soir ou les rêves devenus cauchemars, à moins que ça soit l’inverse.
L’écriture est ici plus que parfaite et rappelle le duo Bashung/Bergman. Les
images et les bouts de phrases restent collés au cerveau comme une balle pénétrant
dans la tête. « Disposer cinq doigts
en forme de revolver 
». Bang Bang. L’image fait mouche dès la
première écoute. Enrobés par la production de Pilooski, les quatre premiers
titres de Cramer font entrer
directement Perez dans la cour des grands sans passer par la case révélation.

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