Peel Dream Magazine :: Modern Meta Physic

On ne compte plus les formations New-yorkaises qui apparaissent chaque année dans le microcosme musical.  Bien souvent, on les oublie aussi vite qu’elles sont apparues car tous les nouveaux groupes sont, malgré-eux, marqués par les anciennes formations qui ont fait l’identité sonore de la mégalopole américaine. Fréquemment, nous sommes obligés de faire des analogies avec le Velvet Underground, Suicide, Television ou encore Sonic Youth. Ces groupes sont des marqueurs indélébiles auxquels chaque nouvelle formation ne peut s’empêcher de faire penser.
Heureusement parfois, certains sortent du lot comme Joe Stevens et son projet Peel Dream Magazine. Au lieu d’avoir une vision égocentrée sur la musique américaine, Joe Stevens franchit allègrement l’Atlantique pour se nourrir de musiques venues d’Angleterre. Le nom Peel Dream Magazine est déjà un hommage avoué à John Peel, le légendaire animateur radio de la BBC. Ensuite, il y a les treize morceaux de Modern Meta Physic. Premier album magistral marqué par des compositions qui doivent tout à l’époque bénie des 90’s où les groupes anglais s’influençaient de la musique américaine des années 60. On pense souvent aux débuts de Stereolab et son psychédélisme flou et ses sons de synthés modulaires. Ecrit et enregistré sur une période de quatre semaines à l’automne 2017, Modern Meta Physic évoque aussi les prémices du mouvement shoegaze. La période encore douce, juste avant que l’on devienne tous sourds avec le bruit blanc de  Loveless de My Bloody Valentine.
À défaut de trouver la moindre trace d’audace dans cet album, on se laissera envahir par le sentiment d’intimité qui s’y dégage. Joe Stevens chantonne ses morceaux comme s’il voulait en faire des berceuses. C’est sans contrainte que l’on se laisse lover dans cette sorte de bedroom pop psychédélique simple et dépourvue d’effets de manche.
Joe Stevens ne fait pas dans l’esbroufe. Bien au contraire. C’est l’inverse de l’ « Englishman in New York ». Un anti Sting qui aurait tout compris au meilleur de l’indie pop anglaise.

Damien