Pedro Bell (1950-2019)

L’illustrateur américain Pedro Bell vient de nous quitter à l’âge de 69 ans. Sans lui, les albums de Funkadelic et les albums solos de George Clinton ne seraient pas ce qu’ils sont et n’auraient jamais été totalement finis. Grâce à ses dessins qui illustraient les pochettes, on savait sans même avoir écouté la moindre note de l’album quelle folie acide nous attendait. La musique de Funkadelic et les pochettes de Pedro Bell ne faisaient qu’une.

Sa première couverture d’album pour le groupe de George Clinton a été Cosmic Slop (1973). Ce n’est qu’à partir de cet album que Funkadelic a trouvé sa véritable identité visuelle. Jusque-là, le groupe américain n’utilisait que des photos de sirène afro proche de celles que l’on retrouvait sur les pochettes des Ohio Players. En tant que grand fan de Jérôme Bosch, ces illustrations fourmillaient de détails plus ou moins visibles dont certains bravaient les lois américaines. Une seule de ses pochettes a été censurée avant même sa publication. C’est celle de The Electric Spanking of War Babies (1981). Elle montrait une femme nue à l’intérieur d’un vaisseau spatial de forme phallique. Trop osé pour l’Amérique pudibonde.
A lui tout seul, il définissait le style du collectif P-Funk. Comme eux, il se voyait en super-héros de science-fiction luttant contre les maux du cœur, de la société et du cosmos. Pour lui, le funk n’était pas seulement une musique, c’était une philosophie, une façon d’être, un moyen pour l’esprit fatigué de garder la foi et de danser pour les jours meilleurs.

Pedro Bell a fait entrer le dessin psychédélique dans la culture black. Il  a ouvert la voie à de nombreux graffeurs New-Yorkais de la fin des années 70. Le milieu de l’art  lui doit aussi beaucoup. Keith Haring s’est inspiré de son travail tout comme James Rizzi qui a illustré les pochettes de Tom Tom Club.

Quelques pochettes dessinées par Pedro Bell.