Pauwels / Uns :: U.P.

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Les Strasbourgeois d’October Tone (100% Chevalier, Hermetic Delight,…) sont sympas. Ils savent qu’avec la rentrée arrivent l’automne, la grisaille, la déprime saisonnière… Du coup, ils ont sorti un chouette disque avec deux groupes pour le prix d’un
Ce split regroupe ainsi Pauwels (Strasbourg / Mulhouse), qui forts de plusieurs EP depuis 2013, mais surtout d’une réputation scénique qui n’est plus à faire, imposent leur signature math-rock et noise ; ainsi que Uns (Limoges), groupe post-rock / post-punk / noise, qui a sorti l’efficace « Caneverre » en 2015.
Ce disque, annoncé comme étant « consacré à la mort et à la haine », ne déçoit absolument pas.
Pauwels ouvre avec « Ununtrium », qui attaque en bon noise math-rock, répétitif, pêchu, avec une batterie sur-présente et qui accroche… mais qui n’en reste pas là ; des pauses s’intercalent, surprennent, comme un voyage qui va nous conduire on-ne-sait-où, mais qui finit par nous emmener vers des abîmes et des abysses…
Puis vient « Warmey », tout rond, tout doux, tout joli, mais en apparence seulement, car une présence, un peu tordue, en filigrane, en arrière plan, discrète au départ, mais qui est de plus en plus présente, de plus en plus pesante… jusqu’à ce qu’on attende l’explosion… qui ne viendra pas.
L’entraînant et court « 166 » raccroche avec un math-rock plus « classique » et fait penser à l’album « Sad Cities Handclappers » d’Electric Electric.
Enfin, « Baltika » réussit l’improbable mariage du noise / math-rock avec un rock alternatif où les guitares et la disto viennent délicieusement chatouiller nos tripes.
Quant à Uns, ils nous proposent deux titres jumeaux, comme si l’un était le reflet ou le négatif de l’autre : « Faire mourir et laisser vivre » vs. « Faire vivre et laisser mourir ». Choisis ton camp ! Ou peut-être pas ?
Le post-rock / post-punk que nous servent les Uns a parfois des relents cold wave et allie avec talent des rythmes déstructurés, voire par moments arythmiques à un usage important de pédales d’effets au niveau des guitares. On a quelquefois l’impression de se perdre dans ce premier morceau, mais une ligne de basse, un riff de guitare reste toujours présent, nous servant de guide, de phare, comme un repère qu’il conviendrait de suivre. Ce premier morceau, introspectif, n’est pas sans évoquer le magnifique « Diamond Sea » de Sonic Youth.
Le second jumeau est davantage mélancolique ; il arrive à créer la surprise, en s’épurant, au fur et à mesure, pour au final nous emmener dans une toute autre direction.
Avec ce disque, en s’alliant, Pauwels et Uns nous proposent un voyage introspectif, plein de surprises, où les aspects les plus sombres de notre âme seront explorés avec la plus grande impudeur imaginable, et au cours duquel, plus d’une fois, nous serons invités à nous perdre.

Elissa