Parquet Courts :: Human Performance

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Bien vu. A peine avait on eu le temps de digérer Monastic Living, Ep un poil expérimental et instrumental sorti fin 2015, que le groupe rapplique illico avec un nouvel album bien mieux produit et bien mieux nommé : Human Performance.

Les Parquet Courts deviendraient-ils plus raisonnables ? Les treize titres se présentent sous une forme nouvelle chez eux. Plus aérés, mieux construits – mais c’était facile au vu du bordel organisé qu’étaient les anciens titres – les quatre new-yorkais ont préféré la  retenue dans les compositions. Encore qu’avec eux, la retenue est toute relative, pas un titre où la fulgurance n’y débarque  à l’improviste. Avec un son sorti tout droit de New York en mode printanier, les guitares sont tranchantes et les lyrics, du genre je-m’en-foutiste, que l’on a croisé chez les Modern Lovers de Jonathan Richman autour d’un barbecue vegan, s’affirment toujours avec autant de convictions.

Sous le patronyme de Fergus and Geronimo, les gars avaient sorti un album parfait Funky Was the State of Affairs en 2011, croisement entre les Buzzcocks et Polyrock, dont on retrouve la pertinence des arrangements. Par ici un clavier cheap (Dust), par là une multitude d’effets vocaux (Human Performance), voire la présence inopinée d’un vibraphone (Captive of the Sun).
La variété stylistique ne fait pas défaut. La pop song efficace ou complètement barrée, en plus d’être ultra courte (Outside ; I Was just Here), côtoie la nonchalance de Pavement partageant ses chicken wings avec le Velvet Underground (One Man No City). A de très rare exceptions où Parquet Courts se singe en forçant sur la Bull’s Eye (Two Dead Cops), ils arrivent à nous surprendre de bien belle manière, tempo métronomique sur les braises rythmiques des guitares (Paraphrased) ou encore ballade relevée a la sauce TV Personalties pour un refrain en larmes (Keep it even).
Doté d’une production affinée et affutée qui a su préserver l’urgence et l’esprit DIY qui caractérise le quartet, ce cinquième disque conforte le groupe autour d’une Brooklyn Brown Ale, bien fraiche et bien frappée comme leurs chansons.

Mathieu

Chronique également publiée sur le site Benzine