Papaye :: Para Bailar

PAPAYE Para Bailar kythibong chronique portrait

A en croire tous les sites internet relatifs à la santé, au bien-être et aux médecines alternatives, la papaye est un fruit bourré de vitamines en tout genre, de calcium, de fibres, d’antioxydants, de catéchines, de caroténoïdes, et plein d’autres bidules dont on ignore complètement la définition, mais qui vont faire tant de bien à notre petit corps… D’après tout ce que j’ai pu lire sur ces mêmes sites, la papaye va te protéger du cancer, des maladies cardiovasculaires, du vieillissement, de certaines IST, des accidents de la route, des chutes de météorites, du verglas cet hiver, et que sais-je encore.

Mais Papaye, c’est aussi un chouette groupe de math-rock, un side-project, composé des membres des super groupes Pneu, Room 204 et Komandant Cobra; rien que ça.

Après La Chaleur, sorti en 2010, et Tennis, en 2013, Papaye nous offre, en ce mois de novembre, Para Bailar : 8 morceaux très courts, mais ultra efficaces. Si bien qu’on aimerait que ces morceaux durent un peu plus… histoire de faire durer le plaisir. Mais Papaye semble parfois véritablement chercher à nous frustrer. On commence à assimiler, à s’accommoder, à comprendre, à apprécier un riff, on prend notre pied… et paf ! ce riff stoppe brutalement, le morceau part dans un tout autre sens. Ce disque est surprenant, même lorsqu’on est habitué au style math-rock.

En fait, l’instabilité est le maître-mot de ce disque, peut-être même un peu plus que les deux opus précédents.

Chaque titre semble être en réalité un cluster, une série ou un assemblage de petits éléments différents, accolés les uns aux autres, qui passent du coq-à-l’âne, brusquement, sans transition, tout en parvenant à former un tout et à offrir une jolie cohérence à nos oreilles.

L’énergie est présente et contagieuse sur ce disque qui, effectivement, donne envie de danser, ou plutôt de se trémousser et de lâcher prise ; dans une célébration du primat du corps sur l’esprit.

Les rythmes comme les mélodies sont répétitifs, tout en se désarticulant et se réassemblant de temps à autre. C’est bon comme du Three Second Kiss Bologna, avec un brin de folie douce à la Deerhoof.

Bref, un bel album.

Sauf que… sauf que frustration imposée oblige, Papaye nous dit  « BaBaye » : quelques dates, puis la sortie de ce dernier disque et basta ! c’est fini !

Pour d’autres aventures tonitruantes ? peut-être… sans doute même, vu les trois zigotos  hyperactifs et hyper créatifs qui composent Papaye. Mais va savoir… si ça se trouve…

Raison de plus pour en profiter encore, pour reprendre des vitamines et se protéger des éventuelles chutes de météorites… et pour danser sur Para Bailar.

Elissa