Panda Bear :: Panda Bear Meets the Grim Reaper

Panda Bear Meets the Grim Reaper (Panda Bear rencontre la Grande Faucheuse). Le titre du dernier album de Panda Bear a le mérite de poser quelques questions. L’Animal Collective annonce-t-il de manière détournée la fin de son projet solo ou signifie-t-il la fin d’un cycle et la naissance d’un autre ?

Panda Bear Meets the Grim Reaper
Comme le laissait envisager la pochette, Panda Bear Meets the Grim Reaper est un album coloré et bouillonnant de sons pops, électroniques, hip-hop et parfois dub. Comme à chaque fois, Noah Lennox compose des morceaux à l’apparence simpliste et addictive dès les premières écoutes. Mais même si Panda Bear Meets the Grim Reaper est l’album le plus accessible de sa discographie, il faut plusieurs écoutes pour que le vernis de finition se craquelle et dévoile toutes les richesses superposées en strates sonores.
On retrouve ici un Beach Boy des temps modernes proposant une vision kaleidoscopique de sa musique. Les sons organiques et les bleeps synthétiques s’entremêlent. Les sons compressés s’entrecroisent avec la réverbération. Les chœurs spleenétiques et angéliques donnent à l’album des instants que l’on qualifiera de célestes. Ce que l’on entend ici viendrait-il d’un ailleurs sublimé ? Il y a de fortes chances. Celui qui a quitté les Etats-Unis pour le Portugal afin de vivre avec sa femme est un artiste vivant hors du temps. Panda Bear est un alien qui n’a pas vraiment d’équivalent dans sa génération.
Superbe contre-pied du précédent album Tomboy sorti en 2011, Panda Bear Meets the Grim Reaper est un album d’un artiste en pleine crise. La quarantaine passée, Noah Lennox est à un âge où il est légitime de se poser des questions. Il est à un stade de sa vie où il peut regarder en arrière, observer d’où il vient, et avoir un aperçu de ce qui l’attend dans l’avenir. La perte de son père (hommage rendu dans l’excellent Young Prayer 2004) et la naissance de son fils, impliquent bon nombre de questionnements qui, comme souvent chez Noah Lennox, passent obligatoirement par la nécessité de se recréer. Panda Bear Meets the Grim Reaper est donc à prendre comme le point final d’une histoire débutée bien avant ses albums solos, mais aussi comme une renaissance.
Panda Bear est mort, Vive Panda Bear.

Damien

casque1