Orwell :: Exposition Universelle

ORWELL_Jérôme par t.bellia

© Thierry Bellia

« Vous qui me croyez mort / Qui embaumez mon corps / Je respire encore. » Ces premières phrases de Je ne sais pas mourir ont une résonance particulière. Même si Jérôme Didelot n’avait pas complètement disparu du circuit discographique, grâce notamment à une collaboration avec son ami de longue date Alexandre Longo et son projet Cascadeur, il est vrai que l’on avait presque oublié Orwell malgré le superbe album Continental (2011). Malheureusement, aujourd’hui, quatre années sans signe de vie discographique cela ressemble à une traversée du désert. Que l’on se rassure, Jérôme Didelot connaît Cent Façons De Se Passer Du Monde. Il aime prendre son temps, se cacher « Loin des querelles, Pas d’étincelle » (La Vie Electrique). Aux réussites trop vite gagnées, le Nancéien préfère les succès d’estime et la fidélité de ses fans.
En 2013, le bien nommé Ep I Need An End, nous avait permis de nous rappeler nos bons souvenirs passés en compagnie d’Orwell et marquait, sans que l’on sache encore, la fin d’un cycle chez Orwell. Exit la langue de Jonathan Coe. Retour de celle de JP Nataf. Celle-là même qui fit la différence sur le premier album du groupe (Des Lendemains) sorti, en 2000, à une époque où tout le monde préférait chanter en anglais. Dorénavant, les textes travaillés impliquent une autre écoute et la poésie subtile nous fait chanter des paroles dont seul son auteur en connaît le vrai sens.
Par contre, ce qui est constant chez Orwell, ce sont les mélodies étrangères aux modes et marquées par l’intemporalité. Jérôme Didelot joue à nouveau Les Explorateurs d’une pop baroque riche en ornements. Les morceaux sont arrangés avec beaucoup de délicatesses et de légèretés. Annoncée par le titre qui a donné son nom à l’album, cette Exposition Universelle est remplie de pavillons délicats faits de cordes classiques, de vibraphones et de guitares arpégées au son cristallin.
Chaque titre est composé comme un sommet de finesse. Un peu comme ceux que l’ on a l’habitude d’entendre du côté de James Warren (The Korgis), Gilbert O’Sullivan ou encore Sean O’Hagan (The High Llamas). Des artistes qui, heureusement, ne savent pas mourir, tout comme Jérôme Didelot avec Orwell.

Damien

casque1

3 comments for “Orwell :: Exposition Universelle

  1. pierric
    septembre 6, 2015 at 5:41

    la photo a été prise au musée de l’école de nancy non?

    • Ground Control To Major Tom
      septembre 6, 2015 at 8:22

      on ne peut rien te cacher 😉

      • pierric
        septembre 6, 2015 at 8:28

        il y a des passe-droits!!

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