Orval Carlos Sibelius « Recovery Tapes »

Orval
Cet album, Orval Carlos Sibelius ne l’a pas vu venir. Arrivé à l’aube d’une nouvelle année et surtout en pleine remise en question au lendemain d’une déception amoureuse, Recovery Tapes a été écrit dans l’urgence. Travaillant le jour pour vivre, composant la nuit pour survivre, tout devait être enregistré avant un voyage initiatique au Mali où la possibilité de non retour frôle parfois le terrorisme. Il fallait donc laisser une trace avant ce nouveau départ. Enregistré à l’ancienne, sans ordinateur, sur un vieux 4-pistes et dans une constante ébullition fertile, Recovery Tapes permet à Orval Carlos Sibelius de retrouver la liberté et la spontanéité qu’il avait lorsqu’il agitait l’underground avec son premier projet Snark. D’emblée, le voyage africain influence le titre inaugural I Don’t Want A Baby avec ses arpèges de guitares et ses rythmes afro mais c’est pour mieux  se retrouver ensuite dans un psychédélisme anglais (Syd Barrett, Kevin Ayers), déjà présent sur le premier album et qu' il qualifie lui-même de « prog-tropical ». Sur King Caju, Orval Carlos Sibelius n’hésite pas à perdre la face dans un maelstrom de batterie contrepoint bruitiste aux mélodies magnifiquement sensibles de Recovery Days et Dead Slug. Histoire d’emporter tout le monde dans son periple sonore, l’ex-Centenaire propose au final un trip krautrock « esque » avec Under The Carrot Sky, versant pop de ce qui aurait pu être un inédit de Cluster. En allant à l’essentiel, Orval Carlos Sibelius réussit à réinventer un genre et prouve à quelques groupes perdus dans le maniérisme que la spontanéité à quand même du bon.