Orchard :: Serendipity

La serendipité, c’est le fait de faire une découverte par hasard et par sagacité alors que l’on cherche autre chose. Ce mot caractérise toute la carrière de Stéphane Grégoire avec son label Ici, D’Ailleurs. Mais c’est aussi le titre de l’album d’Orchard, dernier projet né dans le cerveau du nancéien.

Esprit bouillonnant, Stéphane Grégoire a une nouvelle fois eu l’envie de faire rencontrer des artistes autour d’une idée. On a déjà apprécié ultérieurement l’expérience This Immortal Coil et Numbers Not Name. Avec Orchard, Stéphane réalise une de ses lubies qui était de faire se rencontrer un des maîtres de l’ambient, Aidan Baker, avec le violoncelliste Gaspard Claus. Aux côtés de ces deux entités aux productions inclassables, on retrouve deux habitués du label Ici D’ailleurs en la personne de Maxime Tisserant (Chapelier Fou) et Franck Laurino (Zerö, Bästrad, Deity Guns….).

Une fois tous réunis dans un studio, Stéphane Grégoire a donné à ces quatre musiciens une série de mots qui évoquent le verger qu’il vient d’acheter et dans lequel il passe énormément de temps.

Nature is a language / Natural energies / Cycles of nature / Trees / Wood / Movements and noises / Bird Songs / Wind / Roots… sont quelques mots qui ont été donnés à ces musiciens qui, sur le papier, tout oppose sauf peut-être l’amour du défi et l’amour de la musique.

Après trois jours passés à enregistrer quatre heures de musique improvisée, le résultat est là, symbolisé par une harmonie de sons et d’idées à laquelle Stéphane Grégoire et les artistes ne s’attendait pas. La nature, comme toujours, fait bien les choses.

Tout au long de l’album, les sens sont remués par les images que procurent les sons. À l’instar de la photo de Francis Meslet illustrant la pochette, on voit le soleil se lever lors de matins calmes rien qu’en écoutant A Day Staring At Eternity. Le vent dessine des paysages un peu plus bousculés sur Drawn With The Wind. Le fruit de cette collaboration atteint sa  maturité avec le sommet de l’album Fructifiction. Album impressionniste, Serendipity ne fait pas que « donner l’impression de ». Il fait impression.

Il donne aussi l’envie de devenir un ermite, de se retrancher seul dans un endroit perdu pour passer son temps à contempler ce qui nous entoure.  Les 73 minutes de l’album ouvrent une parenthèse de sérénité totale et rappellent un passage de Les Anges Vagabonds de Jack Kerouac « C’était aussi d’un style de vie que j’étais en quête : considérer le monde du point de vue de la solitude et méditer sur lui sans s’empêtrer dans les imbroglios de ses actions aujourd’hui célèbres par leur atrocité et leur abomination. Je voulais être un Homme du Tao qui observe les nuages et laisse l’Histoire faire rage en dessous. »

Serendipity est un disque vagabond qui s’autorise tous les chemins de traverses. En partant pour les Indes, Stéphane Grégoire et les membres d’Orchard ont trouvé l’Amérique.

Damien

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