Opossom « Electric Hawaï »

Opossom electric hawaï

Une carrière discographique tient parfois à très
peu de chose. Inutile de s’acharner à rechercher une quelconque reconnaissance
avec un groupe dont l’avenir semble bouché. Certains musiciens en ont fait les
frais, d’autres ont su partir lorsqu’il le fallait. Que serait devenu Jon Lord,
s’il n’avait pas quitté un jour The Artwoods, idem pour Peter Frampton avec The
Herd. (Bon ok pour ce dernier, il aurait peut-être fallu qu’il reste mods). La
question se pose aujourd’hui pour le Néo-Zélandais Kody Nielson. Que serait-il
donc devenu, s’il n’avait pas quitté les inconnus Mint Chicks (groupe formé
avec son frère Ruban Nielson) et leur renommée ne dépassant pas la banlieue de
Portland pour rentrer dans sa Nouvelle-Zélande natale ? On ne le saura
jamais, mais ce qui est sûr, c’est qu’à l’image de son frère formant l’année
dernière les excellents Unknow Mortal Orcherstra, Kody Nielson atteindra une
plus grande renommée avec son tout nouveau projet : Opossom.
Electric Hawaï, première carte de visite sortie tout
droit d’un cerveau en ébullition, fait partie de ces albums à la grandeur
inversement proportionnelle à la taille de la chambre dans laquelle ils ont été
enregistré. « J’avais simplement envie de laisser mon entourage
tranquille 
» annonce-t-il. Tourbillons psychédéliques comme seuls
semblent savoir composer certains groupes de cette région du monde (Tame Impala
en tête), les dix titres ont été écrit pour prolonger un Endless Summer tant
espéré. Plus ensoleillé qu’Unknown Mortal Orchestra, Opossom préfère les plages
hawaïennes au rugby qui règle la vie de tout Néo-zélandais qui se respecte. "Girl
"
est une ode beach boysienne amphétaminée. "Fly"
nous fait planer au-dessus du Carnaby Street des 60’s quand ce n’est pas une
plongée en apnée avec "Inhaler Song". Mais c’est sans
compter sur le tube "Blue Meanies", véritable embardée psyché n’attendant qu’une
mise en son publicitaire pour être révélée à la face du monde.
Malheureusement, le seul défaut de l’album est son format trop
court. Trente minutes de rêveries psychédéliques modernes c’est trop peu et
provoque en nous un sentiment de manque donnant sans cesse le besoin d’appuyer
sur la touche repeat.
Bandcamp

OPOSSOM-HEADS