ONGAKOTAKU :: SUGAR ME, KOENJI HYAKKEI, IZUMI KOBAYASHI & FLYING MIMI BAND

SUGAR ME Around The Corner LP (Kissing Fish)
Sugar Me ne fait pas de J-pop. C’est étonnant de prime abord, mais c’est bien ce que ces titres anglais à l’arrière de la pochette laissent supposer, tout comme ce très beau morceau d’ouverture arrangé par un orfèvre du son. Ainsi que tous ceux qui suivent, d’ailleurs. Pas de mélodie immédiatement reconnaissable, pas de minauderie forcée, pas de chansons qui n’ont rien à voir avec la brochette de saucisse. Et même quand la demoiselle tente un grand écart (pas grand rapport entre les élucubrations très « boîte à musique et cirque Pinder » de La Nuit Secrète et l’insouciance indie de Watch Your Back), sa voix mignonne, un peu timide et baignant dans la pop folk féminine la plus noble qui soit (Lene Marlin, les morceaux pop du premier Katy PerryKatie Melua dans une grosse marmite Beatles), fait naître une belle unité, cimentant un deuxième album aussi court (huit titres) qu’évident (Spider Web est un joli tube discret et efficace).
A noter que la louloute sera en concert le samedi 1er décembre à l’Autre Canal. Allez-y pour moi, je serai en train de fêter la sortie de l’album du Singe Blanc au Château 404 avec les copains de La Bergerie (oui, on peut pas être partout).

KOENJI HYAKKEI Dhorimvishka 2LP (Skin Graft)
Fondé au début des années 90 par Tatsuya Yoshida, Koenji Hyakkei est un peu la gentille récréation zeuhl du célèbre batteur japonais quand celui-ci ne martyrise pas ses fûts au sein des Ruins (entre mille autres projets). Seul membre permanent, Yoshida s’est entouré, pour la composition de ce cinquième album, d’une équipe rodée aux élucubrations cosmico-progressives du bonhomme : Kengo Sakamoto (historique compagnon de route) à la basse, Kei Koganemaru à la guitare, Keiko Komori à la clarinette, Taku Yabuki aux claviers et la mystérieuse Ah au chant hululant. Musicalement, on reste dans un registre très fortement influencé par Magma et ses descendants (Zao, notamment), des vocalises de diva psychotiques aux mélodies complexes et évolutives. Les maître-mots pour définir ce disque ? « Agression frontale », « mort par étouffement de boa constrictor », « transe chamanique ». Il faut vraiment aimer le genre et avoir le coeur bien accroché pour se taper l’album en entier d’une traite. Dans ce déluge de notes balancées à la figure de l’auditeur tel un bukkake sonique déliquescent se dégagent cependant quelques thématiques étonnantes (des accalmies courtes mais salvatrices, des délires rock’n’roll ou pop) qui permettent de ne pas finir aux urgences une fois la face D terminée. Le fait que Skin Graft soit à l’origine de la sortie du disque pour le monde n’est, du coup, pas vraiment étonnant.

IZUMI KOBAYASHI & FLYING MIMI BAND Endless Summer LP (Universal)
Sur son premier album avec le Flying Mimi Band, Izumi pose nue derrière son gros clavier.
Bonjour Mademoiselle.
Pour le second, elle a la politesse (snif) de mettre un t-shirt. Ceci dit, l’érotisme se dégageant de ce dos menu et textile est bien réel. Epaulée (huhu) par un line-up en or massif (Morio Watanabe et Takayuki Hijikata de Mariah, la star Yasuaki Shimizu et l’immense batteur Yuichi Togashiki), Mimi t’invite à passer un été en pente douce. Tu transpires, pire t’es en transe et surtout, tu mouves sur le sable qui t’absorbe sans que tu n’opposes une quelconque résistance. Sa city pop privilégie la langueur des fréquences basses, la sensualité d’une guitare qui pue le sexe moite, le groove d’une batterie au ralenti et de belles envolées cuivrées aptes à t’envoyer au septième ciel. C’est pas vraiment disco, c’est pas vraiment funky, c’est même pas japonais en fait, donc ça peut potentiellement parler à un peu plus de monde que le pélot qui écrit présentement ces quelques lignes. Et puis bon, cette voix de Mimi, complètement douce et haute, ronde et rebondissante, c’est franchement ultra hardcore d’y résister…

Florian