ONGAKOTAKU :: RECORD STORE DAY JAPAN

Cette année, comme chaque année, le Record Store Day déchaîne les passions et divise les nations. T’as vu la gueule de l’édition française ? Pas très reluisante. US et UK, même combat perdu d’avance. Qu’en est-il de notre Japon chéri ? Pour être honnête, je trouve la version nippone un peu moins intéressante que les années précédentes. Pas beaucoup de rééditions véritablement marquantes, peu d’inédits cruciaux ou très attendus à se mettre sous la dent. Néanmoins, j’y trouve quand même un peu plus mon compte qu’ailleurs, et un 45t de Group2 aura toujours plus de saveur qu’un repressage inutile du Smalltown Boy de Bronski Beat…

THE GO-DEVILS Space Escape 7′ (Majestic Sound)
2 inédits pour les reines incontestées du garage féminin japonais. Si Osaka est reconnue comme capitale culinaire du Japon, il serait peut-être temps que l’on ajoute la fuzz et le rythme binaire à son patrimoine culturel.

GROUP2 Peak Time feat. Maco Marets 7′ (Ultra Vybe)
L’un des plus grands espoirs de la musique japonaise moderne. Blend absolument délicieux de city pop, de shoegaze léger et de disco sous codéine. Un premier album est sorti, inutile de te préciser que je suis sur les dents depuis novembre (et que ça ne me déplairait pas de collaborer avec eux).

MALIYA Drop Me A Line 7′ (Octave Tens)
Il aura un peu mis le temps mais le Japon regarde enfin pleinement vers l’avenir plutôt que de garder ses yeux figés sur les années 90. J’en veux pour preuve le travail de la tokyoïte Maliya qui étonne depuis ses débuts, entre reprises appliquées de Sheena Ringo et bombes r’n’b modernes. Un timbre de voix puissant au service d’une musique plus subtile qu’elle n’en a l’air.

RY Just Passing Through LP (Nyima)
Je ne suis pas un grand fan de post-rock, je le confesse. Même au Japon, c’est pas ma came. Tiens, je trouve par exemple Mono chiant comme la pluie (et pourtant, j’aime la pluie !). Mais Ry a quelque chose que les autres groupes n’ont pas : une approche du son assez naturelle et presque bruitiste, ainsi qu’une façon plutôt subtile d’envisager l’éternelle montée/descente qui me donneraient presque envie d’en écouter. Presque…

SHIKI Awaku, Aoi 7′ (Jun-On Sai-Sai)
Groupe relativement récent de la région de Kumamoto. Trois filles qui se réunissent pour proposer une musique hybride, entre electronica, shoegaze et hip-hop. Intrigant et prometteur.

SUNSHOWER Blue Dolphin LP (Fastcut)
Réédition très attendue de l’unique album de Sunshower, groupe japonais culte du milieu des années 90. A mi-chemin entre les Cocteau Twins et Galaxie500, la formation emmenée par Ayako Akashiba (plus connue pour son travail avec Guitar) renaît brièvement de ses cendres pour le plaisir immodéré des amateurs hardcore de pop lo-fi belle à en crever.

WODDYFUNK Sugar 7′ (Intermass)
Mine de rien, Woddyfunk est l’une des pionnières de la talk-box au Japon. Bien avant que Kzyboost connaisse un petit succès d’estime à l’étranger (et signe sur The Sleeperz), elle sortait déjà tube sur tube dès la fin des années 2000, collaborant entre autres avec Bootsy Collis ou Zapp. Bon, passé le ridicule apparent de certaines de ses vidéos, la meuf maîtrise à fond et ça fait plaisir d’entendre sa P-funk gentiment kitsch et décalée sur microsillons.

NOBUYUKI SHIMIZU Corner Top LP (HMV)
Comme tous les ans, HMV déballe l’artillerie lourde et balance une paire de rééditions plutôt essentielles pour qui la musique japonaise est une marotte ayant dangereusement virée au trouble obsessionnel-compulsif. Tiens, prends-toi déjà le premier album de Nobuyuki Shimizu en pleine tête. Ça va te faire du bien aux jambes.

FLOWER MEG ベッドにばかりいるの 7′ (Dan)
Tu voulais du culte ? Dan réédite le single essentiel de Flower Meg, celui dont la pochette intérieure présentait deux photos topless de la belle. Un disque qui fit forcément scandale à l’époque mais qui n’est rien comparé à la puissance graphique, musicale et sexuelle de son unique album sorti en 1971 et que l’on aimerait bien voir réapparaître par ici…

RYOJIRO FURUSAWA QUARTET Racco LP (HMV)
Le jazz japonais, ce puits sans fond de détente absolue.

BREAD & BUTTER Barbecue LP (HMV)
Quand j’imagine ma retraite dans la campagne japonaise, j’ai cet album de Bread & Butter en tête. Hosono avait ouvert la voie, le duo formé par les frangins Iwasawa l’a pavée d’insouciantes intentions.

MABUMI YAMAGUCHI QUARTET Leeward LP (HMV)
Le saxophoniste japonais est mis à l’honneur cette année avec pas moins de deux rééditions de ses oeuvres. À son Marumi de 1981 en solo, l’on préfèrera ce Leeward de 1978 en quartet. La quintessence du jazz japonais modal, suintant le swing, la saccade et la transe introspective par tous les orifices de son instrument-roi.

FLORIAN

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