ONGAKOTAKU :: JOE HISAISHI

JOE HISAISHI My Neighbor Totoro / Nausicaa: Valley Of The Wind / Laputa: Castle In The Sky 9 LP (Tokuma)

Qu’est-ce qui pousse un être humain à précommander, 3 mois avant leur sortie, les rééditions des neufs bandes originales couvrant trois films cultes du studio Ghibli, à savoir Nausicaa, Laputa et Totoro ?
Je me le demande encore.
Ca fait une belle photo, ok.
Je n’ai pas (plus?) pour habitude de montrer à quel point ma collection de disques est incroyable. C’est vrai, c’est personnel, les fesses.
Une forme de complétisme, peut-être ?
(tiens, c’est marrant, Word me propose « complotisme » à la place)
À choisir, je préférerais acquérir les originaux, bien entendu. Pas que ces rééditions aient à rougir de leurs grandes soeurs, mises côte à côte. Non. Tokuma a très bien fait les choses en reproduisant les œuvres mythiques d’Animage à l’identique. C’est vraiment du bel ouvrage, et je me suis surpris à passer bien plus que quelques minutes, les yeux plongés dans ces dessins fantasmagoriques, les doigts caressant le tip-on nippon, mon cerveau tentant de déchiffrer tant bien que mal le contenu ésotérique des différents inserts.
Non, ce qui me retient, c’est bien le prix des originaux. À pièce aussi rare, tarif de maboule. Paie ton Smic pour avoir droit de faire partie du club très fermé des détenteurs d’or noir. J’en ai vu au bled, ils me faisaient de l’oeil. Mais bon, faut faire des choix dans la vie : vivre modestement et payer ses factures ou écouter « Totoro, Tootoorooo » en boucle pendant un mois. Ceci dit, maintenant je peux faire les deux. C’est cool, merci.
Bon, peut-être la musique alors ?
Oui, ce serait bien d’en parler. On est un peu là pour ça.
Ça fait tellement bizarre de pouvoir écouter les thèmes de Totoro en vinyle… Je vais pas te la jouer « oui le vinyle c’est mieux, tout ça », mais je n’ai pas vraiment d’autres habitudes d’écoute depuis que la musique est dans ma vie. Alors ouais, la première fois que le diamant s’est posé sur la première piste de la bande originale, j’ai ressenti quelque chose d’assez spécial. C’était il y a une semaine, un mercredi matin (bon Dieu, on dirait une phrase d’un texte de Zéro Degré). Je n’arrivais plus à m’enlever ce sourire du visage à mesure que les minutes s’égrainaient. Ce score composé par Hisaishi est d’une beauté absolue, d’une candeur sublime, d’une intelligence rare. Il plonge ses mains au plus profond de ton âme et réanime l’enfant qui sommeille en toi. L’Image Album et le Sound Book le complètent admirablement, ajoutant, si besoin en était vraiment encore, une ultime couche de joie pure et sincère à ce tourbillon de bonheur éprouvé. Oui, ça peut paraître exagéré. Le sentiment est néanmoins bien réel.
C’est vrai, je serai peut-être moins enthousiaste concernant les scores de Nausicaa (plus sombre, plus froid, plus daté) et Laputa (agréable mais anecdotique). Bon, ceci dit, la Symphony Version du premier possède ce souffle épique propre à te faire tomber à la renverse, tandis que l’Image Album du second déborde tellement de bonnes vibrations japonaises (mélodie typique et insouciance caractérisée) qu’il paraît inhumain de vouloir y résister. Alors ouais, même si je les considère comme mineurs, je souhaite néanmoins leur accorder du temps d’écoute avant de statuer sur leur place au sein de mon sanctuaire.
Une réponse à une question reste désormais en suspens : verra-t-on un jour apparaître des éditions vinyles des autres scores de ce bon vieux Joe pour le studio Ghibli ? On sait déjà que Kiki était sorti à l’époque dans le format (réédition peut-être prévue pour 2019 ?), mais quid de Porco Rosso, Mononoke ou Chihiro ? L’idée ne te fait-elle pas baver d’impatience ? Histoire que Noël tombe encore en avance, comme cette année.

Florian