Ongakotaku :: Iri, Sora, Sleepwalker

IRI Shade LP (Kissing Fish)

Je n’aurais pas parié un café glacé sur ce nouvel album d’Iri. Après un premier effort agréable sans être mémorable et un Juice poussif et beaucoup trop long, la jeune chanteuse originaire de Zushi revient avec ce Shade qui risque fort de devenir l’une de mes bande originale de l’été qui s’amorce.
Produit à la façon du Illmatic de Nas, ce troisième opus privilégie le groove laid-back, la G-funk de bord de mer (Wonderland enrobé par Esme Mori), le r’n’b ancienne (le Common de STUTS ) et nouvelle école (le morceau-titre), ainsi que la danse comme s’il n’y avait plus de lendemain (tout le disque, en fin de compte). Le casting 4 étoiles inclut également Tofubeats (pour un Flashlight ultra disco doté de breaks malins), le merveilleusement langoureux Kan Sano ainsi qu’une grosse collaboration hédoniste entre ce dernier, Ryosuke Nagaoka (de Petrolz et Tokyo Jihen – on a mangé un bol de ramen avec son manager à Shimokitazawa, très tard un soir) et les Sanabagun (qu’on avait vu en première partie de Mouse On The Keys au Liquid Room d’Ebisu – et putain, c’était aussi cheesy qu’ultra fun à regarder, j’en garde encore un excellent souvenir). Tous se plient en douze pour mettre en valeur le joli brin de voix voilé et grave ce qu’il faut d’Iri, lui offrant enfin une œuvre à la hauteur de son immense talent.

SORA Re.Sort LP (Mitsuko & Svetlana)

Bon hé les petits Suisses, vous ne m’aurez pas avec vos noyades de poisson : le gros autocollant typique sur la pochette vous a grillé direct ! C’est vrai aussi, j’avais pas vu tout de suite que vous vous occupiez de la distribution de ce Re.Sort, unique sortie du beatmaker Takeshi Kurosawa sous alias Sora.
Initialement sorti en 2003, ce petit bijou d’electronica obscur refait donc surface confié aux bons soins de We Release Whatever The Fu…, pardon, de Mitsuko & Svetlana, sous-label (donc) de WRWTFWW. Pourquoi? Comment ? Ce n’est pas vraiment important. C’est juste un nouveau nom. Ce qui compte, en revanche, c’est d’avoir le disque entre les mains et de pouvoir le jouer sur sa belle platine en bois. Re.Sort est en effet un album unique et délicat qui fait la part belle à d’élégantes miniatures électroniques rappellant Four Tet, Mouse On Mars ou le premier album de Chapelier Fou, la souffrance en moins. Mélodies qui trébuchent, rythmiques concassées, subtils samples vocaux, dynamique faussement improvisée : ce disque aurait pu sortir sur Warp et être remixé par l’Autechre d’Amber qu’il serait entré dans la légende.

SLEEPWALKER Yus 12’ (Sentient Ruin / Babylon Doom Cult)

Sleepwalker, le projet de black métal transcendantal et trans-pacifique, vient d’accoucher d’un nouveau deux titres tellement fabuleux que les mots me manquent. Sache juste qu’il cite intelligemment Burzum, King Crimson et Comus dans un même morceau, et que rien cette année ne pourra surpasser ces douze intenses minutes de bonheur noir (si ce n’est un nouvel album de Teitanblood).

Florian