Ongakotaku :: Ego Wrappin, Tomohiko Sagae, AJATE / NY.KO

EGO WRAPPIN’ Dream Baby Dream LP (Toy’s Factory)

Si le retour d’Ego Wrappin’ ne se fait pas par la grande porte (j’ai pas l’impression que leur come back suscite un engouement autre que poli), il a pourtant le mérite d’être le plus classe de 2019. En cause déjà, ce putain de packaging de ouf que nous a concocté Toy’s Factory. En effet, le disque est emballé dans un gigantesque poster, que je ne suis malheureusement pas parvenu à déplier complètement pour le moment (sérieusement, il faut de la place tellement le bordel est immense). Côté musique, Masaki Mori et Yoshie Nakano reprennent les choses là où ils les avaient laissé en 2014 avec Steal A Person’s Heart et poursuivent leur quête de la chanson pop parfaite en faisant fondre leur base jazz à piano dans un chaudron d’arrangements au bon goût indéniable, conférant ainsi à leur j-pop une patine fondamentalement universelle. Un peu de bossa à droite (Arab No Yuki), un peu de reggae à gauche (Capture), de la country pop au milieu (L’Amant) ainsi qu’un poil d’electronica éthérée (On This Bridge) : la facilité déconcertante avec laquelle le duo s’approprie des genres bien spécifiques rappelle le meilleur de Do As Infinity (Tomiko Van et Yoshie Nakano ont d’ailleurs de nombreux points communs mélodiques). Il est même l’épitomé de la subtilité faite Japon (j’en veux pour preuve le sublime Human Beat ou l’excitation afro Hadashi No Kajitu en fin de face B), le plaçant ainsi à la droite de monuments tels Buffalo Daughter ou Pizzicato 5 en termes d’excellence et d’intelligence. Convaincu en une seule écoute, il me tarde de m’attaquer au suivante, les jambes croisées en position de repos sur mon balcon.

TOMOHIKO SAGAE Entrainment 12’ (Hands)

« Dark, industrial & dangerous ». C’est ainsi que se définit le Japonais Tomohiko Sagae, pourvoyeur d’une techno répétitive, massive et bruitiste. Son premier album pour Hands en 2017 avait fait forte impression. Ce nouveau maxi enfonce le clou dans le cercueil de ta joie de vivre avec quatre titres abrasifs et martiaux, cauchemardesques dans leur approche sonique. C’est intense et enveloppant, urgent et angoissant, fondamentalement hardcore mais tournant au ralenti. Rhythmic noise, comme ils disent. Si la musique d’artistes tels que New Frames, Geistfolz ou Asche (et peut-être Alexandra Atnif, dans une moindre mesure) te cause, tu peux foncer les yeux fermés (mais n’oublie pas de les ouvrir avant de te prendre un mur).

AJATE / NY.KO Split 12’ (180g)

Retour de la fanfare afro-funk Ajate (je les soupçonne quand même fortement de partager certains membres avec les Minyo Crusaders, c’est pas possible autrement) en compagnie de la revue nantaise Ny.Ko. Une face chacun + des remixes à-propos signés Deheb (du crew Funky Bijou).
Pas de surprise du côté des Japonais, leur Mammamelie est une belle orgie sonore et groovy qui donne envie d’en entendre beaucoup plus. Normal, on a sucé leur second long jusqu’à la moelle, le pauvre est maintenant tout poussiéreux et rayé. La réinterprétation de Deheb est vraiment chouette aussi, le rythme boogie 80 collant parfaitement aux guitares cristallines du combo.
Les Nantais de Ny.Ko ont vachement écouté The Loading Zone et The Stew, y ont ajouté une petite couleur orientale histoire de flatter leurs compères de split. Cuivres généreux, rythmique afro classique, voix gentiment rocailleuse : c’est pas désagréable mais clairement moins inspiré et tubesque qu’Ajate. Heureusement, le remix qui lui est consacré bute (en recadrant un peu le rythme trop pépouze de la version d’origine).

Florian