Cosmic Invention, Henshin, Osamu Kitajima

COSMIC INVENTION Help Your Satori Mind 2LP (Drag City)

Drogue City continue son entreprise d’excavation des projets de Masaki Batoh (le fondateur du seul Ghost à faire autorité sur cette planète) avec la réédition de l’unique album du collectif Cosmic Invention (à ne pas confondre avec le groupe de J-pop du même nom). Entouré d’un line-up de rêve (des membres / ex-membres de Ghost, donc, mais aussi d’Overhang Party, Kakashi, The Stars et Acid Mothers Temple), le petit Batoh mène sa drôle de symphonie chanvrée d’une main légère mais décidée. Bon, faut dire aussi, le clin d’oeil du titre au Flower Travellin’ Band ne laissait pas trop de doute quant au niveau d’élévation psychotrope de la formation. Un sentiment qui se confirme dans l’évolution-même de la tracklist de l’album, le hard psychédélique typiquement 90’s (le son un peu crin-crin aurait mérité un mastering plus généreux) se muant lentement mais sûrement en un beau bordel percussif improvisé. Et à défaut d’une production pas très heureuse, donc, l’on se consolera avec un inédit ahurissant très justement intitulé « Long Jamming » occupant une bonne vingtaine de minutes sur la face D. Tu reprendras bien un peu de white widow pour t’aider à lire dans l’esprit des gens ?

VARIOUS ARTISTS Henshin LP (Tava Tava Rare)

Hey 2Daze, tu voudrais pas arrêter de nous prendre pour des cons ? Parce que bon, Gianluca, ton histoire de disque promo limité à 300 exemplaires interdits à la vente là, on n’y croit pas UNE SEULE SECONDE ! T’as pas besoin de nous faire penser que t’as les droits de tous les morceaux que tu nous présentes sur cette jolie galette rouge, on sait à quel point c’est compliqué de travailler avec les Japonais. Et puis bon, t’as sûrement rien déboursé pour obtenir les licences sur ces magnifiques petites pièces de disco-funk millésimée post-Saturday Night Fever, donc c’est vraiment pas une raison pour abuser sur le prix de ton disque comme tu le fais présentement. Mais ouais ok, tu sais qu’on est aussi un peu obsédé par les rare grooves que l’on trouve au bled (la preuve, on s’était déjà fait avoir une première fois par ta Pinky Violence), donc proposer un panorama non exhaustif d’openings et d’endings issus d’animés et de tokusatsu des années 70 (du Devilman de Go Misawa au Masked Rider de Shunsuke Kikuchi en passant par l’inestimable Space Sheriff Gavan de Michiaki Watanabe – plus connu chez nous sous l’imbécile sobriquet de X-Or) était en quelque sorte un évident pousse-au-crime. Bon allez, daijobu desu.

OSAMU KITAJIMA S/t LP (Oom Dooby Doochas)

Un dooby, c’est un pétard en argot. Et des pétards, il est certain qu’il faut en avoir fumé un bon paquet pour supporter des chansons telles que Long Train Running, China Grove ou Jesus Is Just Alright. Mais bon, nous ne sommes pas ici pour discuter des méfaits de la musique des Doobie Brothers sur le corps humain. Non. Tout ce qu’il faut savoir, c’est que la sous-division hydroponique de Merlins Nose poursuit son travail de sape autour des œuvres du Roi Dragon, qu’après Benzaiten et Masterless Samurai, c’est au tour d’Osamu, discret second album de Kitajima, de bénéficier des honneurs d’une réédition en bonne et due forme (qu’elle soit officielle ou non est un autre problème), que son mélange de new age à la Kitaro, de psychédélisme fatalement Far East Family Band (ne jamais oublier l’initiale collaboration avec Fumio Miyashita) et de soul spatiale fortement teintée Minnie Ripperton (normal : la voix de sirène sur Yesterday & Karma, c’est elle) n’a jamais aussi bien fonctionné que sur ces neuf pistes tranquillement funky. Car en plus d’être beau comme un Dieu, il sait chiller comme il faut. Donc bon, pas besoin de le déranger si jamais tu tombes dans les pommes à force de trop tirer sur ton buzz. Oui, pas besoin d’appeler l’Osamu…

Florian