Ongakotaku :: Acid Mothers Temple & The Melting Paraiso U.F.O.

Aborder la discographie d’Acid Mothers Temple & The Melting Paraison UFO, c’est mettre le doigt dans un engrenage kafkaïen. Certes, le collectif mené par Kawabata Makoto a encore quelques sorties à rattraper pour arriver au niveau de ses compatriotes d’Unholy Grave (163 disques, d’après notre ami Discogs) et Merzbow (432, voilà, tu peux rentrer chez toi), mais avec 121 réalisations (le nombre de buts marqués par Ronaldo en Ligue des Champions avec Manchester United, au cas où tu veuilles faire le malin), la formation protéiforme nippone se pose là. Loin d’être un érudit en matière de temple matriarcal acide (j’ai d’autres chats J-pop à fouetter), je peux néanmoins te confirmer tout le bien que je pense de la collaboration fructueuse avec Bam Balam, éminent et militant label/shop de Bordeaux tenu par JJ aka les plus belles bacchantes de France. Depuis le Cometary Orbital Drive, c’est effectivement un sans-fautes ainsi qu’une véritable déclaration d’amour à la musique japonaise.
Content de constater que le Sacred & Inviolable Phase Shift initialement paru en CD en fin d’année dernière trouve aujourd’hui une seconde vie sous la forme de deux vinyles simples sortis séparément.
Le premier, éponyme s’il en est, reprend les quatre morceaux les plus courts du disque, quatre titres qui synthétisent à la perfection le style AMT, entre délires folk délabrés (I Enter), répétitions kraut Can-iennes (le tourbillon Errors In Gold Room), sublimation pop éthérée (Astrological Rendez Vous et ses motifs vocaux hypnotiques) et psychédélisme baba vraiment très cool (From Planet Orb With Love, qui tire peut-être un poil en longueur).
Le second, à paraître ce samedi 13 avril pour ce putain de Disquaire Day (un jour, j’écrirai un article pour t’exposer les tréfonds de ma pensée), offre à entendre l’incroyable Invisible Eyes & Phantom Cathedral, épique pièce psyché-kraut de plus de 25 minutes qui rappelle à tous les appliqués élèves de l’école GuruGuruBrain (de Sundays & Cybele à Minami Deutsch) que le patron Makoto n’en a pas besoin (de koto) pour sonner intrinsèquement japonais.
Et maintenant, on fait quoi ce week-end ? On se rend chez son disquaire indépendant pour le soutenir et acheter les dernières références de Bam Balam et Souffle Continu (au hasard) ou les nouvelles sorties de Specific et Replica, bref tout sauf les références des majors qui inondent les listes officielles (que l’on retrouvera deux jours plus tard sur Amazon et à la Fnac).
Tu verras, ça fait du bien.

Florian