No Land :: No Land

© Richard Dumas

No Land est une création d’Olivier Mellano. Le rennais d’adoption affectionne les chemins de traverse. Féru d’expérimentations sonores – How we tried a new combination of notes to show the invisible or even the embracy of Eternity paru chez Naïve en 2010 en est un parfait exemple – le rennais d’adoption s’avoue séduit par le son du Bagad  de Cesson-Sévigné, cet ensemble musical qui oeuvre à la promotion de la culture bretonne. Plus de trente musiciens qui utilisent les instruments traditionnels bretons :  bombardes, cornemuses et percussions.

En bon artisan, il propose à Brendan Perry de Dead Can Dance de poser sa voix iconique de baryton sur un morceau de 38 minutes, choix naturel au regard de l’évolution mystique du duo britannique.

Ça commence fort, presque comme du Swans, une ambiance martiale – sans doute  l’influence des percussions  des pipe band du folklore écossais sur la musique bretonne – puis un silence qui brise net l’élan que l’on imaginait tempétueux et enfin l’apparition d’une cornemuse qui va s’imposer tout au long de ‘No Land‘. L’auditeur est enserré au sein d’une ambiance quasi-cérémonielle, dans laquelle chaque instrument apporte sa pierre à un édifice parfois glacé comme le marbre, plus chaleureux lorsque Perry, érigé en herault celte , scande ‘We have No Land’ et poursuit son message humaniste, contestant les frontières tels les oiseaux dessinant des lignes ephémères et des courbes qui jamais ne se referment.

Il faut tout le talent d’Olivier Mellano pour mettre en mouvement ces nombreux acteurs d’une façon si cohérente et compacte, dans des temps forts ou apaisés, lorsqu’ une section se fane et c’est une autre qui refleurit, même dans le bruit sourd des bombardes. Il ne s’agit pas ici d’actualiser une tradition folklorique, bien au contraire, mais d’associer un modèle contemporain à une forme culturelle ancienne avec des instruments qui traversent les époques.

Ponts lancés entre les siècles , synthèse des plus épurées, ce projet prouve qu’il y a de la place pour cette musique qui trace son chemin, sans vouloir s’excuser, vers où elle pense que les réponses pourraient se cacher. L’auteur a manifestement trouver sa voie dans cette création unique et déroutante dont l’intemporalité sera un jour démontrée.

Hervé

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