No Drum No Moog – Documents Synthétiques

10342507_10152461768296670_3961709091390957312_n

Un peu déboussolé par le manque de reconnaissance de son excellent premier album sorti en 2011 (Monomur),  No Drum No Moog a pris son temps pour nous livrer de nouveaux Documents Synthétiques.

Entre-temps, le groupe a intégré le label Chez Kito Kat et le duo s’est transformé en trio avec l’arrivée d’un second clavier en la personne de David Rouby, grand admirateur de clavier Moog et de bornes d’arcade. Ils ont aussi beaucoup tourné.  Leur prestation lors de la dernière édition du festival Musiques Volantes a montré que, depuis ses débuts, No Drum No Moog avait gagné en amplitude et en intensité. Ces impressions sont aujourd’hui confirmées avec la sortie de Documents Synthétiques.

En introduction, une voix nous accueille et nous souhaite une bonne écoute comme on souhaite bon voyage à une personne. Et c’est comme un décollage d’une fusée qui part vers d’autres cieux que commence la déclaration d’amour à la mythique marque de clavier avec le morceau au titre très cinématographique In The Moog For Love. On sait depuis Monomur, et ses titres  Moshimoshi ou encore Nagashima, que les membres de No Drum No Moog aiment l’Asie. En plus de l’allusion au film de Wong Kar Wai, le trio japonophile célèbre l’ Hanami (coutume traditionnelle japonaise qui consiste à apprécier la beauté des fleurs de cerisier) dans un morceau si spatial et si éthéré que l’on se croirait au pays des matins calmes. Après cette douceur synthétique très justement placée devant le frénétique Centaur (nom tiré d’un modèle de flipper), on plonge dans une véritable course-poursuite instrumentale que l’on jurerait tirée du jeu Out Run. De course il en est aussi question avec le morceau Le Tour de France Cycliste, vibrant  hommage aux forçats de la grande boucle qui fait immanquablement penser à Kraftwerk (autre marotte du groupe) et son album Tour de France (2003). Plus poignant et plus froid dans son atmosphère, un autre hommage est rendu  aux Malgré-nous enrôlés de force dans l’armée allemande sur le front de l’Est sur Off In Tambov. Dernier titre inédit de Documents Synthétiques, Omnia Vincit Amor n’est pas comme on pourrait le croire une référence à une peinture de Caravage, mais plutôt un prétexte pour le groupe à ouvrir ses horizons musicaux en tâtonnant vers un style plus free grâce à la collaboration d’Antoine Arlot (Filiamotsa) au saxophone. Pour clore et redescendre de ce voyage synthétique, No Drum No Moog s’offre deux relectures bien senties de deux anciens morceaux  (1970 et Sabotage) par des voisins de label (Mr Bios et Artaban).

Entre hommages et passions partagées, mais aussi avec une intensité nouvelle, Documents Synthétiques permet aux membres de No Drum No Moog d’avancer sans perdre leur originalité et confirme s’il fallait encore le faire, que ces garçons méritent toute l’attention qu’ils n’ont pas encore reçue.

Damien

Site x Chez Kito Kat

Release Party le 5 juin 2014 aux Trinitaires