No Drum No Moog :: Course-Poursuite

Nous sommes dans l’ère de la musique jetable où chaque album doit être vendu avec un storytelling bien réfléchi. Une époque où la légende prend la place de la vraie vie. On nous vend des projets, voire des produits en lieu et place de groupes pourvus d’une personnalité singulière. On oublie un peu trop souvent aujourd’hui que c’est le musicien qui fait la musique et non l’inverse. Nous sommes à un stade où il faut inventer l’histoire du groupe avant même qu’il daigne composer la moindre note. Heureusement, il reste encore quelques irréductibles qui font de la musique sans penser au “qu’en dira-t’on” avec comme seul moteur les  passions qui les animent. No Drum No Moog est de ceux-là. Le groupe messin avance sans avoir d’autre dessein que de jouer du moog et de la batterie. Ils ne s’inventent pas une histoire pour se cacher derrière elle. No Drum No Moog avance à son rythme sans esbroufe mais toujours avec autant d’amour pour la culture geek et les Documents Synthétiques.
Le dernier document en date s’appelle Course-Poursuite et traduit bien la volonté du groupe de passer à la vitesse supérieure. Dès l’ouverture Don’t Free Me, on a le sentiment de rouler à vive allure sur un Light Cycle du film Tron. D’ailleurs, on se demande si la pochette n’est pas un clin d’œil au film de Steven Lisberger.
La vitesse, il en est aussi question dans le titre qui a donné son nom à l’album mais aussi dans la relecture du titre Le Tour De France Cycliste. Le genre de morceau qui ferait perdre les pédales à tous les amateurs de la grande boucle. Le vélo est un thème récurent chez No Drum No Moog, tout comme le Japon exposé ici de manière plus ou moins évidente sur Kawai Ya Ringo et Monorail.
Dans le précédent album, No Drum No Moog déclarait sa flamme au clavier Moog sur In The Moog For Love. Aujourd’hui, c’est un composant dudit clavier, l’oscillateur CEM-3340, qui est à l’honneur. Qui oserait de nos jours écrire un morceau sur un composant électronique ? Personne mis à part ces geeks, pour ne pas dire ces freaks de No Drum No Moog.
Ceux qui les connaissent ou qui suivent le groupe depuis Monomur (2011) savent que le fond (les sujets des morceaux) et la forme (l’instrumentalisation) ne trahissent en aucun cas la personnalité de chaque membre du trio.
C’est pour ça que l’on aime les messins. Ils retranscrivent dans leur musique leurs multiples passions. Ils n’ont pas besoin de s’inventer une histoire, puisqu’elle est en eux.

Damien