Night Beats – Sonic Bloom

Doit-on comprendre que le titre du dernier album de Night Beats est un hommage détourné à Sonic Boom, formation de l’ex Spacemen 3 Peter Kember ? Même si le trio qui a posé ses guitares à Seattle aime parfois tirer en longueur sa musique avec des boucles psychées et des moments de transe, c’est plus vers l’album Boom des Sonics qu’il faut se diriger. On retrouve chez Night Beats le même esprit garage, la même jouissance dans l’aventure proto psychédélique qu’avec le groupe de Tacoma, autre ville de l’Etat de Washington pas très éloignée de Seattle. 

Avec ce deuxième album faisant suite au split EP avec The UFO-Club, Night Beats poursuit son chemin entamé depuis son premier album éponyme. La recette n’est donc pas neuve mais elle est superbement maîtrisée. Ce n’est pas le changement de label de Trouble In Mind pour The Reverberation Appreciation Society qui a fait bouger les choses. Mais on ne boude pas notre plaisir de retrouver dans Sonic Bloom ces grands moments d’élévation psychédélique sous psychotrope. Guitares fuzzées, production lo-fi et sommets rythm’n’blues, tout ici est mis en œuvre pour nous faire partir dans un trip que l’on a pu vu depuis 13th floor Elevator. Les membres de Night Beats deviennent avec le temps de véritables experts ès garage psychédélique. Avec des riffs vénéneux ou des rythmes lysergiques bouleversés par la soul, Lee Blackwell (Lead Guitar, Vocals), James Traeger (Drums) and Tarek Wegner (Bass) font perdurer avec une magie déconcertante tout un pan de l’histoire du rock psychédélique dont ils ont assimilé tous les codes. Pourtant Night Beats évite l’écueil de l’exercice de style et s’impose un peu plus à chacune de ses sorties comme une des valeurs montantes du psychédélisme américain au même titre que The Warlocks et The Black Angels pour ne citer qu’eux.

Damien

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