Nicolas Quirin :: Lullabies For My Ghost

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Nicolas Quirin est l’artiste le plus discret de la scène messine. Sans doute parce qu’il tourne plus souvent en Belgique, au Luxembourg et en Allemagne que dans les contrées de l’Est. « Nul n’est prophète en son pays » serait-on tenté de lui dire. Mais Lullabies For My Ghost risque de changer la donne et de montrer à la cité mosellane qu’un diamant est en train de dormir sous ses yeux.
À dix mille lieues de la scène hardcore dont il est issu et après un EP bien senti mais, malheureusement, passé inaperçu, Nicolas Quirin a enregistré Lullabies For My Ghost avec simplicité au gré de ses rencontres.
Tout ici est dans l’économie de moyens, presque ascétique. Et, pourtant, les morceaux que l’on écoute sont d’une grande richesse mélodique. Sensibles et attachantes comme la voix qui les chante, les mélodies sont jouées par une guitare folk avec pour seul accompagnement un petit tambourin par ici ou une note de clavier par là. Il n’y a rien de trop. Tout est à sa place. Chez Nicolas Quirin, l’instant est fragile. Tout peut se briser à chaque instant. Mais on ne peut que faire confiance à ses berceuses habitées et, on l’imagine, cathartiques pour son auteur. Qui sont ces fantômes qui le hantent ? Qui est donc cette Laura qui a le privilège d’avoir deux titres en son nom ? Rien ne se livre. Tout est dans la suggestion. Nicolas préfère laisser son auditeur prendre ses histoires comme il le veut. Seules une mélancolie profonde et une nostalgie palpable trahissent le Messin et le font ressembler à un Elliott Smith voulant marcher sur les pas de Nick Drake.

Damien

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