Neuf artistes qui ont fait le son des années 10

Beaucoup se demandent ce que l’on va retenir musicalement des années 2010-2019. Nombreux pensent que cette décennie ne tient pas la comparaison avec les années 60, 70, 80 voire même 90, qu’il n’y a pas vraiment eu d’artistes majeurs qui symboliseraient ces années que nous venons de traverser. A ces personnes, on peut d’ores et déjà leur avancer quelques noms comme Kanye West, Pharell Williams ou encore Lana Del Rey, trois artistes qui ne nous intéressent pas à Electrophone, mais qui, il faut bien l’admettre, ont marqué à leur manière le rap et la pop internationale ces dix dernières années.
Heureusement pour nous, il y a eu d’autres artistes moins connus mais tout aussi influents sur la musique que l’on a écouté ces dernières années.
Cet article va essayer de mettre en lumière ceux qui ont créé le son des années 2010 avec de grands albums, en renouvelant un genre musical ou seulement en y injectant un son typique qui symbolisera à jamais les années 10.
Il ne sera donc pas question ici de chiffres de vente, ni de classement des meilleurs albums, mais plutôt de relever chez certains artistes quelques ingrédients musicaux qui ont influencé toute une génération d’artistes.

Beak est certainement l’un des premiers groupes à avoir influencé le début des années 2010 avec son premier album éponyme sorti en 2009. Le groupe de Bristol, formé par l’ex Portishead Geoff Barrow, a remis le krautrock au goût du jour et fait redécouvrir Can, Neu !, La Düsseldorf…. On ne compte plus les formations comme Follakzoïd suivant les traces de Beak en reprenant les rythmes de batteries métronomiques inventées par Jaki Liebezeit et Klaus Dinger.

Dans la veine rock garage, les artistes les plus influents sont sans conteste Ty Segall et John Dywer. Tous les deux ont participé à l’élaboration d’une scène garage internationale avec leurs multiples formations respectives. Ils sortent tous les deux la même année (2012) des albums qui feront date dans la scène psyché garage : Twins pour Ty Segall et Putrifiers II EP pour John Dywer avec son groupe Thee Oh Sees. Chacun d’eux a traversé la décennie de manière incroyable et ils ne sont pas prêts de s’arrêter en si bon chemin.

Le rock psychédélique a aussi beaucoup marqué les années 2010-2019. Malheureusement, beaucoup de formations n’ont été que des pastiches en essayant de reproduire ce qu’il se faisait de mieux dans la seconde moitié des sixties. Seul peut-être Kevin Parker, avec Tame Impala, a réussi à se démarquer des autres et à faire avancer le genre. Innerspeaker, sorti en 2010, est le premier témoignage d’un néo psychédélisme gonflé à grand coup de fuzz testostéronée et de phaser orgiaque. Kevin Parker confirmera sa signature musicale avec Lonerism (2012) que beaucoup ont essayé de copier mais jamais égalé.

En matière de pop, Metronomy a marqué sa génération avec le dyptique The English Riviera et Love Letters. Ces deux sommets discographiques de l’Anglais, sortis respectivement en 2011 et 2014, influencent toujours une nouvelle scène pop mainstream. Pour preuve, Clara Luciani qui reprend à sa façon The Bay. La bande à Joseph Mount lui rendra la pareille en reprenant La Grenade.

Toujours dans la pop, mais cette fois-ci dans son versant indie slacker, on ne peut passer à côté de Mac DeMarco. On l’aime ou on ne l’aime pas, mais ce qui est sûr, c’est que le Canadien a redonné vie (de manière édulcorée il faut l’admettre) à l’esprit slacker paru dans les années 90 sous l’égide de groupes comme Pavement ou encore Sebadoh. Mais ce que Mac DeMarco a apporté le plus, c’est sans aucun doute ce son de guitare reconnaissable entre tous.

Sur la scène rap, on ne peut pas passer à côté de Kendrick Lamar auteur de deux albums qui marqueront à jamais la décennie. To Pimp A Butterfly (2015) et Damn (2017) ont été dès leur sortie des marqueurs pour la scène rap internationale en s’inscrivant dans leur époque grâce à un regard lucide et conscient.

Proche de Kendrick Lamar, on peut citer Kamasi Washington. Le géant (par la taille et par son influence) saxophoniste américain redonne au jazz ses lettres noblesses. Depuis The Epic (2015), l’album qui l’a révélé au monde entier, il est le fer de lance d’une scène jazz sans cesse en mouvement tirant ses influences des classiques (John Coltrane) ou des excentriques (Sun Ra) tout en intégrant des touches plus contemporaines (Rap et le R’N’B).

Depuis quelques années, c’est le grand retour d’un rock mâtiné de post punk. Il nous a été difficile de passer à côté d’Idles. Le groupe de Bristol (la boucle est bouclée avec Beak) est un peu l’arbre qui cache la forêt d’une scène en pleine ébullition. Depuis leur très remarqué premier album Brutalism (2017), de nombreuses formations de la même mouvance se sont disputées la part du gâteau. Chaque mois, on nous vend la dernière révélation. Après Shame, Fontaines DC ou encore Bodega, quel sera le groupe dont on nous ventera quelques originalités illusoires ?


Damien

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