ONGAKOTAKU :: NEGICCO, LITTLE GLEE MONSTER, MOMOIRO CLOVER Z

NEGICCO My Color 2LP (T-Palette)
Negicco, le trio d’idols restées fidèles à leur ville d’origine (Niigata), fête sa majorité avec un quatrième album attendu au tournant. Entourées d’une armée de producteurs aguerris (Kakeru Ishihama de Monaca, Keishi Tanaka de Riddim Saunter, le mystérieux Connie qui se taille la part du lion), backées par de chouettes groupes de rock (les Siamese Cats – à surveiller de près -, le Natsuyasumi Band, Omoide Ateam), Kaede, Megu et Nao poursuivent leurs aventures en bord de mer, alliant discrétion salutaire (elles ne feront certainement jamais la une des tabloids, leurs fans sont des gens plutôt normaux et pas des otakus stalkers) et régularité dans l’effort (« le son pop rock »). My Color ne surprendra en effet pas l’amateur tombé amoureux des louloutes avec Rice & Snow (un programme auquel j’adhère sans réfléchir) et c’est tant mieux, on ne leur demande pas de changer le monde avec des chansons mais bien de l’adoucir et l’alléger de sa connerie de plus en plus lourde.

LITTLE GLEE MONSTER 夏になって歌え 12’ (Sony Music)
D’ici, on ne peut se rendre compte à quel point Little Glee Monster est un groupe énorme au Japon. D’ici, grâce à ce providentiel 12’, on prendra enfin conscience de la monstrueuse et schizophrène force de frappe de l’idol unit de Tokyo, capable du pire (la ballade d’ouverture) comme du meilleur (My Brand New Day). Et on restera surtout totalement scotché à l’écoute d’un formidable medley enregistré live le 25 mars dernier au J-pop Summit, où Mayu et ses copines font montre d’une justesse foudroyante dans l’exécution de morceaux chantés en japonais à la sauce Motown (le Brand New Me d’Alicia Keys y côtoie un opening d’Hot Step Jump!, par exemple). Franchement, je me taperais volontiers un album entier dans le format après cet appétissant teaser.

MOMOIRO CLOVER Z Best Album 4LP (King Records)
Oh le beau cadeau de Noël que je me suis mis sous le sapin… Bon, je n’en avais pas vraiment besoin, j’ai déjà les albums du groupe le plus over the top de toute la scène idol japonaise (celui qui mixe sans vergogne heavy symphonique méga pompier et techno gabber sucrée, crois-moi faut vraiment se le farcir) et je dois t’avouer ne pas les écouter tous les jours en boucle… Non, en vérité, j’étais surtout intrigué par la gueule de l’objet, les filles ayant toujours été très attirées par les artworks conceptuels et les photos psychédéliques borderlines (la pochette très Queen de Battle & Romance, celle plutôt SM & chair futuriste de 5th Dimension, l’orgie colorée d’Amaranthus et 白金の夜明け). Beh là , je peux te dire clairement qu’elles enfoncent le clou jusqu’à crever mon occiput. Les 4 LPs, retraçant dix années d’une carrière bien remplie, reprennent chronologiquement les 18 singles sortis par ces machines à tubes faites idols, du tonique Momoiro Punch au tout dernier Shao E Shao en passant par le classique Neo Stargate et le duo avec Kiss. Une plongée vertigineuse dans un univers protéiforme et coloré à l’extrême illustré de façon outrancière et parfaite par le livret rose bonbon, les innersleeves reprenant tous les artworks du groupe et cet écrin en carton rigide d’une beauté absolue.
Oui, je n’ai plus aucune limite.
Allez, 明けましておめでとうございます !

Florian