Nasser « #7 »

Nasser #7
Dès l’intro de « Bronson« ,  premier titre du deuxième LP de la formation électro-rock marseillaise, le ton de ce  #7  est donné.
Mélodie entêtante, riff aigrelet, rythmique obsédante et traitements électroniques  robotiques ponctuent ce titre ultra efficace transcendé par une outro instrumentale aux accents psychédéliques indéniablement maitrisés.

Il faut dire que sur scène, Nasser n’a plus grand chose à prouver. L’urgence de leurs shows n’ayant pour le moment pas été capturée en studio ce nouvel album arrive à point nommé.
Mais le second titre annonce une direction très pop/electro comme l’indique son refrain hédoniste « I’m A Man Let’s Celebrate« 

« Ghost Song » confirme cette voie. Les sonorités 80’ s associées aux parties de guitares discrètes et groovy, rappellent parfois le Talking Heads de Remain in light.
Le court et énergique « Discoball » remet de l’électricité dans l’air avant de revenir vers une ambiance dancefloor sur un « You’re What You Are » un peu trop clinquant et pas vraiment convaincant.

L’album prend une toute autre dimension avec « Enter the Z » , instrumental edwoodien que le trio aurait pu nommer « No Plan From Outer Space « . Tension et approximation flirtent au sein de cette plage désertée qui ouvre la voie à « The World Is Ours« , tout droit sorti d’une B-side de Human League qui ravira les moins de 25 ans et fera sourire les quadras ex-fans de New Order.
Un solo de guitare très bavard (est-ce du second degré ?) clôture ce titre non sans rappeler le « Funky Squaredance » du premier album de Phoenix.

Sur cet album Nasser a fait le choix entre rock et électro et, à l’écoute des excellents « Breaking » et « Number Stations « ,  l’orientation électro était plus que judicieuse.
L’album prend fin avec « The League« , sorte de « Blue Monday » made in Marseille qui prouve que ce #7  varié, élégant et extrêmement bien produit, n’est qu’une étape transitoire au sein des pérégrinations créatives du trio.

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Cyrille