Nadine Shah :: Fast-Food

On consomme de plus en plus la musique comme on consomme un sandwich. Écouter de la musique devient presque un réflexe un peu comme manger pour vivre. On consomme la musique partout et à n’importe quel instant de la journée. On a perdu l’habitude d’écouter des albums en prenant le temps d’en savourer les moindres détails. Fort heureusement, il sort encore aujourd’hui des albums qui nous poussent à ralentir cette frénésie de la consommation instantanée et le nouvel album de Nadine Shah est de ceux-là.

Nadine-Shah-Fast-Food-Artwork
Fast-Food fait suite à Love Your Dum And Mad (2013), un album posé traitant de la folie et des maladies mentales dont certains proches de l’artiste étaient touchés. Pour son second album, celle qui se dit plus influencée par des écrivains (Philip Larkin, Italo Calvino) ou des peintres comme Frida Kahlo que par la musique, reprend le thème universel des relations amoureuses. Un thème usé jusqu’à la corde mais qui, dans la bouche de Nadine Shah, reprend les couleurs vives de la passion comme le laisse entrevoir la pochette.
Souvent comparée aux prêtresses du rock que sont Patti Smith et PJ Harvey, l’Anglaise, née d’un père pakistanais et d’une mère norvégienne, possède l’aristocratie de Marianne Faithfull. Comme personne, elle chante l’amour et l’intime. Elle n’aime pas lorsque l’on qualifie sa musique de sombre. On préférera dire ici nostalgique et spleenétique. Avec ce qu’il faut d’électricité et de volupté, Nadine Shah remplit ses compositions d’émotion pour mieux nous envoûter avec une voix profonde.
Nadine shah nous sert un album que l’on ne consommera pas sur le pouce au détour d’un temps libre ou parce qu’il faut obligatoirement écouter de la musique pour boucher un petit creux. Fast-Food est un album qui se laisse vivre et surtout s’apprivoiser. Un de ces rares albums qui prennent le temps de devenir ce compagnon fidèle auprès de qui on peut revenir quand on en a besoin. Fast-Food sera notre nouvelle cantine pour longtemps.

Damien

casque1