My Friend Peter :: Entre les Trous de la Mémoire

Entre les Trous de la Mémoire

Dans un monde meilleur, on parlerait moins de Ty Segall et plus des petits génies du psychédélisme. Quand l’un s’évertue à calquer la même recette dans chaque album, pour ne pas dire sur chaque morceau, d’autres tentent de renouveler le genre et de l’emmener voir ailleurs si le Californien n’y est pas. C’est pourquoi on ne remerciera jamais assez  My Friend Peter de nous offrir un album qui est une véritable bouffée d’air frais dans le brouillard encombré qu’est l’internationale psychédélique.

On connaît très peu de choses sur notre nouvel ami Peter. Juste que derrière ce pseudonyme se cache l’Autrichien Bene Brands. Si l’on en croit sa page bandcamp, il est actif depuis 2012. Soit depuis  la parution de son premier EP Mr Magnolia. Après une série d’EPs, tous en téléchargement libre, voici que My Friend Peter sort son album le plus dense sur la structure allemande spécialisée dans les sorties cassettes DIY:  La Pochette Surprise.

Entre les Trous de la Mémoire est son nom. Un titre énigmatique qui rend directement hommage à une peinture surréaliste du peintre suisse Dominique Appia, dans laquelle on peut apercevoir  un scénario imaginaire fait de paysage, d’intérieurs et d’éléments familiers juxtaposés comme dans un rêve. Une toile onirique qui, finalement, ressemble bien à la musique de My Friend Peter. Faite de bric et de broc, on pourrait la rapprocher de celle d’un Mac Demarco ou d’un Kevin Parker qui n’aurait pas encore connu la gloire. Comme dans un rêve, on passe allègrement de gros riffs qui tachent (Heavy Mind) à un groove dadaïste (Groovy Kind of Stonedness) en passant par des moments de méditations pastorales plus calmes (Suddenly, Hear my Mouth’s Aware ). Dégingandée, foutraque et très souvent onirique, la musique de My Friend Peter fait son petit effet et s’insinue sans complexe dans notre cerveau gavé de psychédélisme.

Vous l’aurez compris, la musique de My Friend Peter est un rêve kaléidoscopique bienvenu. Quarante et une minutes de rêve en technicolor dont on n’aimerait jamais se réveiller.

Damien

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