Motorama :: Many Night

© Alexey Trineev

Quelques années auront suffi aux russes à devenir  incontournables. Leur atout réside dans ce mélange  de sons synthétiques et de guitares claires. Mais avant tout, Motorama  possède en son chanteur Vladislav Parshin, un personnage sombre, flippant et  charismatique.
Leur cinquième album Many Night renoue avec un sens aigü de la mélodie et des rythmes sautillants qui  donnent la bougeotte et font dodeliner du chef. Enregistrés en peu de temps dans leur home studio caucasien, les 11 titres défient le temps, un pied dans les années  80 et l’autre en 2018. Très éloignés des clichés Goth guignolesque, le groupe picore autant dans la musique de The Wake, The National ou le Cure du début.
En ouverture, l’immense « Second Part » peut tranquillement se placer comme un des meilleurs singles de cette année et résume tout le talent du groupe. On est plongé sur la piste de danse du Danceteria à New York à défaut d’un club à Rostov-sur-le-don, ville d’où ils sont originaires.
De surprenants congas viennent rehausser certains rythmes et apportent clairement un vrai plus. Et  cette voix, au  timbre sombre, se pare de mélodies lumineuses, jamais  éloignée de la rupture sur « Kissing The Ground » et « No more Time »  ou la basse bondissante s’attache au chant introspectif. Quelques accords de guitare acoustique s’invitent sur « Homewards », titre sautillant et pas claudiquant.
Mais c’est lorsque Motorama retrouve une forme de mélancolie sur fond de notes synthétiques et solo de guitare imparable sur des rythmes enlevés qu’ils sont les meilleurs, « Voice From The Chair » second single Top de l’album en est le  parfait exemple.
Many Night n’est jamais  ennuyeux, et mêle l’intime aux spasmes névrotiques qu’agitent les jambes. Décidément ces russes légèrement psychopathes nous surprendront toujours.

Mathieu