Moodoïd

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On aurait déjà pu s’en apercevoir en lisant le nom du groupe qui inspire une douce et secrète folie lunaire mais dès les premières notes de Je suis la Montagne, on se doute que les freaks qui sont à l’origine de cette musique ne sont pas « tout seul dans leur bocal ». Lorsque l’on se penche un peu plus sur ce nouveau phénomène, on se rend très vite compte que Moodoïd est le projet mené par Pablo Padovani  (fils du jazzman culte Jean-Marc Padovani et non pas d’Henry, le looser qui s’est fait virer de Police) déjà croisé comme guitariste au sein de Melody’s Echo Chamber. Des mélodies célestes de cette dernière, Pablo en a retenu le meilleur pour envoyer les siennes plus haut dans les sphères psychédéliques. Et qui dit Melody’s Echo Chamber, dit forcément Kevin Parker. C’est lui qui est au mixage de ce premier Ep haut perché paru sur le label Entreprise. Mais cet invité qui pourrait faire de l’ombre à un jeune groupe plus que prometteur est en fait un vrai gage de qualité car l’Australien n’est jamais aussi bon que lorsqu’il travaille pour les autres.

Il ne faut pas plus de quatre titres pour traverser une faille spatio-temporelle en compagnie de Syd Barrett bloqué dans un trip interminable. Une certaine folie psychotropique règne sur cet incroyable EP et pas seulement sur le titre De Folie Pure, sorte de voyage initiatique vers Katmandou avec Amadou et Mariam. Les guitares cristallines presque byrdsiennes (Je sais ce que tu es) nous envoient 8 Miles High. On peut citer le tropicalisme d’Os Mutantes et la délicatesse de Connan Mockassin sans vraiment avoir peur de se tromper. Pablo et son groupe ont surement été un jour Sauvé par le Gong, pas par Zach et Slater, mais plutôt par Daevid Allen et son Camembert Electrique car tout carillonne superbement bien ici.

Dernier né d’une grande liste de groupes voulant s’offrir les sixties comme une cerise sur un space-cake, Moodoïd fait partie des plus intéressants et des plus génialement fous.

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