Montebourg

Montebourg
Il faut être sacrément culotté pour appeler son groupe
Montebourg.  Ou alors, il faut avoir une
certaine dose d’esprit kamikaze. Même si en prenant ce patronyme le jeune
français de 21 ans veut rendre hommage au ministre, ici, nous sommes loin du redressement
productif en marinière. Montebourg, c’est plutôt l’irradiation de ton cervelet
avec un krautrock électronique habillé en tenue de camouflage. Abstraction
sonore, motif entêtant et angoissant. Montebourg t’emmène vers des déserts synthétiques
peu explorés à ce jour, excepté par Etienne Jaumet et Romain Turzi. A l’instar
de ces deux chefs de files d’une génération d’électroniciens plutôt doués,
Montebourg s’installe dans la découverte des grands espaces sonores traversé
autrefois par Klaus Schulze. Une époque où l’artiste faisait corps avec la
machine (cf The Man Machine, The Robots de
Kraftwerk). Montebourg invente une sorte de taylorisme moderne et synthétique
et s’apprête à sortir un 45t sur la belle structure Le Turc Mécanique. Deux
morceaux aux titres évocateurs (Singapour
Express
Ré industrialisation)
et aux ambiances post-apocalyptiques. Ils seront les seules traces visibles
laissées par Montebourg puisqu’il refuse d’humaniser sa musique, même casqué
comme les auteurs de Human After All,
avec des images ou des lives. Montebourg préfère l’autisme des studios
d’enregistrements aux Neon Lights, comme
pour mieux devenir ce héros esseulé que peut représenter celui dont il a pris
le patronyme.

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