Mick Harvey « Four »


Mick harvey four
Mick Harvey ou l’éternel homme de l’ombre. Souvent aux côtés des plus grands, il a collaboré avec PJ Harvey, Simon Bonney et, faut-il encore le rappeler, a été une mauvaise graine au sein des Bad Seeds de Nick Cave. Malgré lui,  Mick Harvey est aussi un homme de l’ombre avec une carrière solo exemplaire parsemée d’albums qui n’ont jamais eu la reconnaissance méritée. Les seuls albums qui ont connu un succès d’estime, sont ceux dans lesquels il s’efface derrière les compositions de Serges Gainsbourg (Intoxicated Man, Pink Elephants).

Qu’il soit second couteau dans divers projets ou bien fine lame en solitaire, Mick Harvey a toujours produit des choses à la valeur proche de l’inestimable. Des albums  souvent considérés comme des incunables.

Avec encore la même élégance qui le caractérise, l’Australien revient avec un sixième album marqué du sceau du romantisme contemplatif. Après Sketches From The Book Of The Dead (2011), sorte de méditation sur la mémoire et la mort, Four est une « méditation sur l’amour romantique » et son rôle sur nos vies.

Partagé en trois actes, finement structuré (Acte 1. Summertime in New-York, Acte 2. The Story Of Love, Acte 3. Wild Hearts Run Out Of Time), Four est composé de titres originaux et de reprises bien senties et fortement imprégnées par l’univers de l’Intoxicated Man (The Way Young Lovers Do (Van Morisson), The Story Of Love (The Saints), Summertime In New York (Exuma), Glorious (PJ Harvey) et Wild Hearts (Roy Orbison)).

Réputé pour ses bandes originales (Choppe, Australian Rules…), Mick Harvey installe une ambiance religieuse dès l’ouverture, avec un titre en forme de louange, Praise the Earth, repris en fermeture d’album. Four est une succession de climats soigneusement mis les uns après les autres pour servir au concept de l’album.

Ici, pas de démonstrations inutiles, tout est dans l’économie de moyens. Le sifflotement accompagne l’auditeur sous une nuit étoilée. Les guitares souvent acoustiques sont frappées par le divin (God Made The Hammer). La voix, toujours aussi mélancolique de Mick Harvey, est noyée dans un océan de drone (A Drop, An Ocean) ou caché derrière un écran de fumée (Where There’s Smoke).

En traitant d’un thème exploité des milliers de fois dans l’histoire de la musique, Mick Harvey réussit le tour de force de renouveler le genre et surtout à nous captiver avec émotion.  Get ready for love! Praise Him! chante Nick Cave dans Abattoir Blues/The Lyre of Orpheus, on préférera le romantisme en trois actes d’un homme pas assez reconnu.

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