Michael Head :: Adios Señor Pussycat

Avoir de (bonnes) nouvelles de Michael Head fait toujours plaisir. D’une, on ne peut que se réjouir de la découverte des nouveaux titres. De deux, le savoir vivant  est rassurant.

C’est que le Scouser revient de loin. Des lumières aveuglantes des 80’s, retenons  que The Pale Fountains – son premier groupe-   réinventait la pop à coup de guitares, flûtes et cuivres sur leur single Thank You datant de 1982 et ouvriront la voix aux Lloyd Cole and The Commotions, Smiths et autres La’s et Belle & Sebastian.

Les divers excès auront la peau du groupe de Liverpool et le décès du bassiste Chris McCaffery n’arrangera rien. Suivront les groupes Shack et The Strands avec son frangin John Head, qui les amèneront à enregistrer avec Arthur Lee du groupe américain 60’s Love, soit  un rêve de gosse qui se réalise. Mais les temps restent durs, les addictions riment le plus souvent avec malédiction.  Les membres souvent largués, hantent les quartiers hauts de Liverpool. A la recherche… de la mélodie ultime.

Depuis quelques années, Michael Head avait rompu avec John et jouait, soit seul  dans les pubs et salles municipales, ou accompagné par le Red Plastic Band.

Adios Señor Pussycat est le premier enregistrement qu’il a effectué sobre. Musicalement ça ne s’entend pas mais les textes s’en ressentent. Le chanteur a des choses à partager et  nous susurre des secrets que l’on confie qu’à ses amis. L’intimité s’installe, soutenue par un ensemble musical au diapason.

Le folk rock boisé résonne de violons et trompettes, une guitare douze cordes rappelle que Michael Head & The Red Plastic band connait ses classiques sixties croisés chez Burt Bacharach ou les Byrds. Mais sans l’enthousiasme et la fougue qui caractérisaient les Paleys. Donc, pas d’envolées  oniriques sur Adios Señor Pussycat, Michael Head gère ses titres avec classe aidé par des arrangements bien sentis. Parfois, retrouve-t-on dans le chant les intonations d’un Lou Reed ou d’un Edwyn Collins. Quant aux compositions, elles empruntent  des chemins tortueux et trouvent la sortie grâce au sens particulièrement affiné des mélodies.

Picasso, 4&4 Still Makes 8 et Josephine s’entourent d’une élégance introspective croisée chez les Beatles ou encore  les Belle & Sebastian, confortant la passion du groupe  pour un psychédélisme élégant, que l’on découvre aussi sur Wild Mountains. Michael Head, à l’instar des Teenage Fan Club, nourrit une passion pour la folk électrifiée anglo-saxonne en mode laid back particulièrement évidente  sur Adios Amigos ou Workin’ Family.

Cet album s’écoute comme une  version mélancolique de la California Pop-Folk et brille sous un soleil invisible, dans une atmosphère grise pesante. Aucune importance, du moment que Michael Head conserve son sourire.

Mathieu