Mha :: Le Lien

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Remarqués dès 2014, suite à la mise en ligne de quelques titres bien sentis, les Rennais de Mha qui sortent leur premier EP Le Lien  s’imposent naturellement comme les dignes représentants d’une pop française classieuse et immédiate.
En ouverture, l’entraînant, «L’avènement», impressionne. Que se soit par le chant décomplexé et sonore d’Ellie James, mais aussi par la richesse des compositions signées Florian Jamelot, échappé des Fago.Sepia. Les arrangements (dont de superbes cuivres qui donnent envie de réécouter les Pale Fountains), les chœurs en cascade, la rythmique enjouée, transmettent un enthousiasme qui fait du bien. Les refrains surgissent sans crier gare, on se surprendra à les reprendre à tue- tête. Quant aux nombreuses guitares anguleuses, elles savent aussi sonner comme celles de Weezer.
La connexion avec les Canadiens de Broken Social Scene devient presque évidente sur «Le Mha». Les boucles mélodiques mêlées aux chants vaporeux créent une grandiloquence low fi dont la trompette enjouée, renforce la rythmique et la mélodie. «Le Mha» est un tube dont la trame mélodique marque.
«Le temps» renoue avec les guitares dansantes soutenues par des rythmes tribaux qu’un John Mc Entire (Tortoise, Sea and Cake) n’aurait pas reniés. Et toujours ces trompettes dont on ne se lasse pas. Superbement clippé par Max Malleo, animateur 3D reconnu qui en optant pour un film 2D lui rend un bel hommage.
Instrumental nourri aux programmations organiques, «Le tour» montre une autre facette du collectif. Mêlant guitare virtuose classique et bidouillage électronique, la sensation de plénitude musicale s’installe, à l’instar de groupes tels que Yo La Tengo à l’époque de «Painful», pour l’ambiance.
Pour clore cet Ep, «Le Vent», laisse présager une belle tournure électro groove tout en finesse. Toujours instrumental, ce titre sait se jouer des conventions, abordant le thème en répétition, soutenu par un piano mélodique.
Composé de musiciens officiants aussi dans Mermonte, Totorro ou Bumpkin Island, MHA s’annonce comme étant la belle découverte de ce printemps. Et ce n’est pas un hasard.

Mathieu