Melenas :: Dias Raros

Quand arrivent les beaux jours, les festivals Indies fleurissent en Espagne dont les plus célèbres se nomment   Primavera Sound ou  Festival International de Benicàssim.
Melenas est sans doute le fruit de cet environnement qui n’a jamais hésité à soutenir des groupes tels que Papas Fritas, Electrelane et autres Stereolab.
Car il est vrai, qu’ au delà du lien musical avec les groupes précités, Oihana (Chant-guitare et clavier), Leire (Basse), Maria (clavier) et Lauri (batterie) viennent de sortir Dias Raros , un disque pop indie, à écouter sous la canicule avec un Vermujito XL à la main.
Les filles de Pamplona y usent d’orgues polyphoniques d’obédience sixties, enregistrés spécialement par un certain Guillermo F. Mutila, qui les a sublimés en les démultipliant avec finesse et sobriété. Basse et batterie balisent l’Autopsia 15, laissant la guitare et les claviers mener ainsi la danse.
L’autre atout est le chant, qui brille par sa multiplicité pop. On jurerait réentendre Lush ou les Calamités version hispanique, tant les voix rebondissent et se parent d’un voile légèrement shoegazing. A la production, Karlos Osinaga a su capter l’essence pop – garage du groupe, dont seule la langue nous indique l’origine.
Il suffit d’écouter les hypnotiques ‘Primer Tiempo’ et ‘3 Segundos’ pour s’en convaincre, ces titres addictifs mettent tout le monde d’accord quant à leurs généalogies Stereolabienne et revêtent tous les attributs de hit singles. Elles savent aussi s’abandonner dans des sphères plus psychédéliques sur le sublime ‘El Tiempo Ha Passado’ dont la moiteur venimeuse pop vous entraîne vers des fonds plus mélancoliques.
‘Los Alemanes’ sonne comme un single post sixties que les Pandoras ne sauront jamais composer. Le gimmick accrocheur joué au Farfisa mène le train vers des contrées plus rock. ‘Ya No Es Verano’ épouse les contours du génial ‘Dancing Barefoot’ de la version des Feelies mais en mode vaporette, pendant que le superbe Vals tempère le rythme et entraîne les voix dans les limbes de la réverbération.
En cette sombre année 2020 qui voit l’annulation des festivals estivaux, le disque des Melenas se pose comme une belle compensation. C’est toujours ça de pris.

Mathieu M