Maud Lübeck :: Toi Non Plus

© Agathe Genieys

Avant de parler de Toi Non Plus, faisons un « Stop Rewind » sur le cas Maud Lübeck.

Apparue sur la scène hexagonale en 2012, Maud Lübeck est l’auteure de La Fabrique, un disque sourd qui a fini par rendre muet tous ceux qui ont eu la bonne idée d’y jeter une oreille. Avec cette start-up, la Parisienne pouvait voir l’avenir en rose et diriger sa petite entreprise vers une reconnaissance encore plus grande. Mais c’était sans compter sur un label déficient qui obligea Maud à revoir son plan de carrière ainsi que ses futures productions.

Retour à l’autoproduction et à l’enregistrement « fait maison ». Elle a dû adapter ses morceaux en transformant les cordes en nappes de synthé, ses batteries en boîtes à rythmes, ses pianos en sons électroniques. Le son organique de La Fabrique laisse place à une musique plus synthétique dans Toi Non Plus. Mais le résultat n’est pas dévalorisé pour autant, car ce que l’on perd en chaleur, on le gagne en intensité émotionnelle.

Sous-titré « Chronique d’une Séparation », Toi Non Plus continue sur le thème de prédilection de La Fabrique qu’est l’amour déçu.  Après « Les Larmes Gelées », « Bye Bye », « Je T’aimais Trop », Toi Non Plus parle de la fin du désir de l’autre (La Disparition), des couples qui ne se comprennent plus (La Coupure) et qui finissent par se séparer (A la Fin). Toujours avec la même finesse et son regard très personnel, Maud Lübeck nous embarque dans une sorte de journal intime plus qu’attachant.

Il y a du Serge Gainsbourg dans cet album. Tout d’abord dans son titre qui fait écho à Je T’aime Moi Non Plus. Mais aussi dans l’écriture poétique avec le sommet de l’album qu’est J’oublie. Et puisque l’on est aux références, on pourrait rapprocher Maud Lübeck d’une Françoise Hardy qui aurait décidé de bercer son spleen sur des mélodies synthétiques. Si pour finir, il fallait comparer Maud à une artiste actuelle, il faudrait la rapprocher d’Agnès Gayraud et de son projet La Féline. Toutes les deux partagent la même vision subtile et lucide de l’instant.

Ce n’est donc pas étonnant de les retrouver ensemble le temps d’un duo sur le titre Encore. Un mot que l’on répète à chaque fois lorsque le disque se termine sur le bien nommé A la Fin. On en redemande encore. « Stop Rewind ».

Damien