Matthew E. White :: Fresh Blood

Après avoir enfanté un album tel que Big Inner, n’importe quel artiste aurait, au mieux, capitalisé sur sa nouvelle renommée, au pire, sorti sous la pression un second album des plus médiocre. Avec Matthew E. White, il n’en est rien. Encensé par tout le monde, il aurait pu prendre son temps et profiter de cette aubaine pour développer son label Spacebomb. Mais voilà, l’Américain n’est pas du genre à se reposer sur ses lauriers. Après avoir défendu son album un peu partout dans le monde et produit l’album de Natalie Prass, Matthew E. White revient avec du sang neuf.

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Fresh Blood est la suite logique de Big Inner. Une suite qui va au-delà de nos espérances tellement Matthew E. White va encore plus loin dans sa manière de composer. Toujours avec le même engouement pour la musique populaire américaine, Matthew E. White se joue une nouvelle fois des styles en naviguant, entre le jazz, la pop, la soul et l’americana. Les arrangements de cordes et de cuivres sont encore plus beaux que dans l’album précédent. À la manière d’un Isaac Hayes blanc, Matthew E. White compose des minis symphonies. À l’instar de la production, tout ici est raffiné sans jamais être pompeux. L’Américain se fait doux et subtil quand il le faut. Ou plus fort et plus sombre quand c’est nécessaire. Il avait annoncé un album plus joyeux et plus triste à la fois. C’est bien le cas dans ces dix morceaux à la maturité déconcertante. Il parle aussi bien de thèmes futiles comme la mort du rock’n’roll (Rock and Roll is Cold) que des thèmes autrement plus graves comme les abus sexuels dans l’Église (Holy Molly et son final grandiose). Les sujets sont plus sérieux et ne se limitent plus au thème de l’amour. Dans Tranquility, il rend même hommage à l’acteur Philip Seymour Hoffman pour qui il avait une grande admiration. À l’image de l’acteur américain qui pouvait aussi bien jouer dans des blockbusters grand public que dans des films d’auteurs, Matthew E. White et sa musique touchent tout le monde avec l’art et la manière des grands songwriters.
Heureux sont ceux qui vont retrouver Matthew E. White. Chanceux sont ceux qui vont le découvrir.

Damien

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