Martin Courtney :: Many Moons

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Jeune homme chic et cool, le leader et chanteur de Real Estate sort son premier album solo en rêvant de california pop orchestrée.
Ça tombe plutôt bien, il a la tête de l’emploi, sait être sympa et devant la caméra, il a le bon goût de laisser son Iphone dans la poche avant de son pantalon velours Levis. Originaire du New Jersey, il cultive le vieux fantasme de la côte ouest. Bref le gars que l’on jurerait sorti des 70’s avant de comprendre, de par de menus détails, qu’il n’en est rien.

Les 10 titres de Many Moons auraient pu être composés au siècle dernier, tellement les références y sont attachées. Le talent du bonhomme est de composer des titres cotonneux qui donnent le sourire béat au simple d’esprit et où il fait bon s’y perdre en rêvant de plage et sable dans un cabanon de Sausalito. La ligne pop claire à guitare, que l’on retrouvait déjà chez Real Estate est ici plus embrumée, gonflée d’arrangements souvent lourdingues qui viennent taper du côté classique pop.
Malgré tout, y figurent de belles réussites comme le single ‘Northern Highway‘ ou le titre ‘Asleep‘ qui rappellent le meilleur des Byrds ou Papa Fritas. Pour le reste, on évolue sur des ballades mi tempo, agréables sans plus, auxquels orgues Hammond, violons et autres flûtes, tentent de donner du crédit à des compositions déjà entendues. Au mieux on cherche les références comme ça avait été le cas de l’album du chanteur de Tahiti 80, Axel Riverboy, qui tentait de renouer avec une pop sunshine tombée en désuétude. Le summum étant atteint sur le titre ‘Many Moons‘, digne d’un mauvais générique Tv à la sauce easy listening.
Produit et enregistré par le bassiste du projet, un dénommé Jarvis Taveniere, qui a dû passer pas mal de temps à décrypter les premiers albums des Anglais marxistes de Mc Carthy notamment sur ‘Awake‘, titre d’ouverture de l’album.
Le son est boisé, pas agressif pour un pet-ard et conçu pour plaire aux radios étudiantes ainsi qu’aux quadras passant le plus clair de leur temps en voiture. Rien de neuf sous le soleil californien si ce n’est un savoir-faire pas désagréable au demeurant. On préférera l’urgence et la retenue de Real Estate qui fixe l’horizon plutôt que le rétroviseur.

Mathieu

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