Marí :: Halcyon Days

Il y a les coups de cœur et puis il y a les coups de foudre, ceux qui frappent sans crier gare, qui vous traversent en vous clouant sur place. Vous ne connaissez pas Marí, vous n’avez jamais entendu Marí, mais son premier EP parut début 2020, annonciateur d’un avenir qui ne s’arrêtera probablement pas aux frontières du Danemark d’où elle est originaire, va très certainement vous laisser songeur et séduit.
Cinq titres composent Halcyon Days, cinq titres seulement, que l’on doit à une illustre inconnue du nom de Linda Marí Josefsen, officiant sous Marí. Cinq titres qui vous soufflent d’un vent du Nord, froid et mélancolique, de ceux qui surgissent des profondeurs de la nuit, portant avec lui tous les contrastes hivernaux, entre noirceur de l’obscurité et blancheur immaculée de la neige. Tous dans un registre folk assumé, ces cinq titres n’ont aucun mal à placer Marí au niveau des quelques influences que l’on décèle, de Agnès Obel, à Aldous Harding, sans oublier Sharon Van Etten ou même Neil Young dans sa forme la plus épurée. La voix, aussi vulnérable qu’élégante, sublime l’intimité manifeste des compositions. Enregistré dans un manoir abandonné, Halcyon Days parait nappé de silence, donnant du poids aux notes et aux émotions, dans une belle épure très axée guitare/piano/voix. Le guitariste Andreas Westmark (Get Your Gun) l’accompagne tout au long de l’EP, le tout produit sous la houlette de Simon Mariegaard.
Ce premier EP, au charme nocturne et magnétique, a tout pour laisser supposer que Marí va très rapidement se faire un nom à l’international. Halcyon Days est le début d’une belle histoire qui ne sera probablement pas qu’une simple bluette. Affaire à suivre donc.

Jocelyn H.