Margaret Catcher :: Singularity

Margaret Catcher Singularity chronique electrophone

Prenez le dernier album de Civil Civic,The Test, ajoutez Un chien en hiver de Marvin, tout plein de Deerhoof, saupoudrez d’un peu de Kraftwerk, de Battles, intégrez doucement Fuzzy logic, le premier album des Super Furry Animals, une pincée de III d’Electric electric, une autre de Vive la Fête !, et enfin : des souvenirs de vos jeux vidéos favoris de la fin des années 1980 / début des années 1990, un rayon de soleil, des bonbons de toutes les couleurs, et une pointe de cauchemar (quand même) : voici le dernier album de Margaret Catcher !

Ce drôle de duo originaire de Lille nous propose son « rock augmenté » qui a des similitudes, effectivement, avec la musique jouée par pas mal de groupes… mais les deux types de Margaret Catcher savent rester incroyablement inventifs et singuliers, justement. Ils jouent avec notre imaginaire, nos souvenirs d’enfance, forcément teintés affectivement, avec nos références musicales, mais aussi avec les ambiances, avec les émotions : en ajoutant un microgramme d’angoisse à une mer de bonne humeur au goût de barbapapa, ils parviennent à injecter, de manière discrète et enveloppée, un certain malaise, ponctuel et transitoire.

Duo formé en 2011, ils sortent un premier EP auto-produit en 2012, puis deux autres EPs successivement en janvier et novembre 2015, quelques singles… et reviennent donc pour tout début 2017 avec leur album Singularity, dont la sortie est prévue pour fin janvier, via le label lyonnais Atypeek (responsable, entre autres choses, de la sortie des albums de Brice et sa pute, Infectifide, Schlaasss, Zarboth…).

La base reste une basse et une batterie, mais entourées de synthés, de pédales, et sans doute de trucs bizarres et chelous technologiques dont j’ignore le nom, et dont je me contente de soupçonner l’existence.

La faille spatio-temporelle est constante dans leur musique : tantôt rétro, tantôt futuriste, tantôt spatiale, tantôt bien ancrée sur terre…

Notre imaginaire est fortement sollicité. Parfois, l’écoute des 12 titres qui composent cet album donne l’impression d’être dans un épisode d’Ulysse 31, parfois dans le « Monde des nuages perchés » du film « La grande aventure légo » (on a les références qu’on peut !) ; à d’autres moments, on se retrouve dans du math-rock dansant, très contemporain

Le rock côtoie l’électro, qui lui-même flirte avec de délicieuses mélodies pop, qui, elles, se laissent embarquées par une transe dansante et hypnotique.

Les Lorrains ont une chance incroyable: Margaret Catcher vient jouer, le lendemain de leur release party, ce samedi 10 décembre, à la 15e édition du P’tit Baz’Art, juste après les Sick (but not dead), à 20h30.

 

Elissa