Manu & The Bouret’s :: Je Reviendrai

C’est fou comme un disque peut résonner différemment selon sa date de sortie. Prenez Je reviendrai de Manu & The Bouret’s (chante la guerre) qui vient de sortir chez Les Disques De La Face Cachée, il serait sorti hors contexte pandémique, on se serait demandé qui sont ces deux fous qui parlent de notre vie quotidienne et de notre futur avec des titres qui chantent l’apocalypse. Mais la réalité est toute autre. Nous sommes actuellement dans une situation que nous subissons tous et Manu & The Bouret’s (au passage Manu & The Bouret’s c’est la rencontre aux sommets de l’homme qui joue du violoncelle en slip, Mr Marcaille, et de Manu Bouret) sont en fait des aruspices du quotidien.
Son titre d’ouverture ‘Flash Info’ fait presque froid dans le dos et fait passer le discours du plus pessimiste des épidémiologistes pour un conte de Perrault. À l’aide de sons electro-clash le duo chante :

Bonsoir, / Cette société en décomposition / La décadence, le déclin, la dégénérescence ne font pas très envie / Il paraît qu’ils sentent mauvais / Mais personne n’espère à un changement apte à enrailler le processus destructeur / Les multiples maux engendrés par la société au cours des derniers siècles ont rendu la planète invivable / L’humanité n’en a plus pour longtemps / Les derniers humains disparaîtront avec le reste des animaux avant le mois prochain / La situation s’aggrave de jour en jour /La fin du monde approche / La fin du monde arrive / C’est juste la fin du monde / Une seule question subsiste / Mais comment notre monde sera-t-il détruit ?


Vous l’aurez compris, l’ambiance n’est pas à la gaudriole. Même si les morceaux ont pour thèmes la guerre et ses conséquences (gueules cassées, survivalisme…), on ne peut s’empêcher de les transposer à notre triste réalité de confinés. Dans un tout autre contexte, on aurait pris cela au 36éme de degrés, mais aujourd’hui on ne rigole plus. Le tour de force de Manu & The Bouret’s est de nous faire danser sur un dancefloor apocalyptique en attendant la mort prochaine (‘Transe Apocalypse’) et de pogoter (‘Enola Gay’, ‘Jean-Michel Survivaliste’) comme à la bonne époque où les Bérurier Noir chantaient Panik.
La fin du monde arrive. Manu & The Bouret’s nous en donne un avant-goût visionnaire.

Damien