Manson’s Child – Summer

Manson's Child

Aujourd’hui on glorifie les années 90 aussi bien dans les journaux qu’à la télé. Les artistes eux-mêmes piochent sans vergogne leurs influences dans cette décennie. On ne parle même pas des groupes qui ont eu leur moment de gloire à l’époque et qui se reforment pour des raisons plus ou moins louables. Si il y a bien un groupe qu’ on ne pourra jamais taxer d’opportuniste honteux, ce sont bien les Colmariens de Manson’s Child. Car dès 1995, la musique de Manson’s Child est présente sur plusieurs compilations et le groupe est programmé en première partie d’Edwyn Collins, Shed Seven, Little Rabbits, Welcome to Julian, K’s Choice et Stereolab. Depuis, Manson’s Child n’a jamais cessé de tourner et de sortir des disques remarqués par la presse spécialisée.

Quatre ans après Monks, la bande à Mathieu Marmillot a envie d’une nouvelle virginité et désire profondément ne pas se répéter. Les premières démos sont écartées car trop ressemblantes à ce qui a déjà été fait auparavant. Le groupe se retrouve devant une page blanche sur laquelle il y a tout à écrire. Cette prise de risque confère au groupe une nouvelle renaissance qui se traduit aujourd’hui avec l’album Summer. Bien sûr,  le penchant britpop de Manson’s Child n’a pas totalement disparu avec encore quelques clins d’œil à Stereolab sur The Way et le génial K7, seul morceau en français. Mais en amateur éclairé de tout ce qui a pu naître dans la Perfide Albion, Manson’s Child injecte dans sa musique des nouvelles sonorités. Derrière cette pochette très Sarah Recordienne, on découvre une nouvelle touche new wave et post-punk que l’on avait encore très peu entendue chez les Alsaciens. La basse Hookienne sur l’instrumental Gnoz ne mentira pas sur les nouvelles influences du groupe. Même chose avec Love U sur lequel les fans de New Order se reconnaîtront. No Flag nous force à nous remémorer un autre drapeau. Celui de Pink Flag de Wire.

Fort heureusement, ces toutes nouvelles influences n’ont pas fait perdre la fraîcheur et le côté catchy que l’on apprécie chez eux. Manson’s Child avance tout en se renouvelant sans perdre son identité. Dans un milieu musical où la plupart des groupes installés hésite à prendre des risques de peur de déconcerter leurs fans, l’avancé dans la continuité de Manson’s Child mérite d’être saluée.

Damien

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