Mansfield.TYA :: June 10 ans après

© Sébastien Grisey

© Sébastien Grisey

Mansfield.TYA Les Trinitaires-Metz, festival « Les Femmes S’en Mêlent », 27/03/2015

C’est avec une joie non dissimulée et partagée que nous avons rencontré Julia Lanoë et Carla Pallone, qui forment le duo Mansfield.Tya depuis plus de 10 ans, l’occasion de revenir sur cette tournée atypique et leurs projets.

Vous avez repris ce soir des morceaux de votre premier album JUNE sorti en 2005, comment est née cette idée ?

Carla: En fait, c’est le label qui a souhaité rééditer le vinyle, l’album étant épuisé depuis longtemps. À partir de là et après y avoir réfléchi, après s’être fait plaisir sur la pochette, on a voulu le faire vivre, faire une tournée et assumer le truc,…,

Julia: oui c’était important de ne pas juste ressortir le disque, les chansons avaient un peu vieilli du coup, il fallait pouvoir les rejouer et se redonner l’envie de les écouter et là c’est le cas. On est contente.

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Vous étiez déjà en parallèle sur la préparation du nouvel album ou les 2 projets sont complètement séparés ?

Julia: Le nouvel album était en cours d’enregistrement, il est quasiment terminé, là on en est à la phase de mixage et quand la tournée actuelle sera terminée, on commencera à travailler le live pour la suivante.

Le précédent album Nyx avait pour leitmotiv le thème de la nuit, vous évoquiez également le film Antechrist (de Lars Von Trier), y aura-t-il aussi une ligne directrice sur le nouvel album ?

Julia: oui ce sera Nymphomaniac (de Lars von triers) (rires), on attend à chaque fois qu’il fasse un film (rires). En fait, non, pas du tout cette fois.

Carla: non, on n’en a pas eu besoin. Autant sur Nyx, notamment au niveau des paroles, ça nous avait guidés et rassemblés, autant là il y aura une homogénéité musicale qui s’en chargera.

Julia: C’était plus naturel là de ne pas avoir de thèmes.

La date de sortie est-elle déjà connue? Pour la fin d’année ?

Julia: Ce sera pour octobre prochain

Avec une tournée derrière ?

Julia: Oui avec une tournée, on est à la bourre, c’est ça que tu veux dire ? (rires)

Sur le nom du groupe, on sait que « Mansfield » est en référence à l’épouse d’Henry Miller mais Vous restez toujours mystérieuses sur la signification de TYA. On peut le dire ça signifie « Ten Years After », c’est bien ça ?

Julia: On a essayé de flouter tout le monde, on a attendu exprès 10 ans pour trouver cette explication…

Carla: du coup ça marche aussi pour Twenty years after, vous n’êtes pas débarrassés.

Julia: on refera l’album tous les 10 ans!

Ce soir vous avez joué votre reprise des Bérurier Noirs, « Rebelles », ils accordent très rarement cette autorisation, comment l’avez-vous obtenue? Vous êtes fan?

Julia: oui je les écoute depuis longtemps, on a contacté leur manager, puis eux, et le morceau leur a plu donc ils ont dit ok.

 

Vous aviez donc d’abord enregistré le morceau ?

Julia: oui, mais sans penser le sortir

Carla: d’autant que dans notre cas ce n’est pas vraiment une reprise, donc c’était encore moins évident d’avoir leur accord.

Julia: et de fil en aiguille j’ai également rencontré Loran, le guitariste, qui est très sympa.

Puisque l’on parle de reprise, si Mansfield.Tya devait reprendre un titre de Sexy Sushi (l’autre groupe de Julia) ce serait lequel?

Julia: Carla, je sais ce que tu vas dire ! Vas-y choisis !

Carla: oui je suis jalouse de “toute la haine qui m’incarne” qui devrait être un titre de Mansfield !

Entièrement d’accord, c’est le chaînon manquant…

Carla: Ah tu es d’accord avec moi! il y a dû y avoir une erreur (rires)

Julia: ahah oui c’est le chaînon manquant, on va la reprendre. L’enfant a été échangé à la clinique (rires)

 

Sur le nouvel album y aura-t-il des invités ?

Carla: oui on essaye sur chaque album d’en avoir un.

Est-ce possible de savoir qui ?

Julia: j’ai envie de vous donner des indices… C’est une femme… Elle est noire… Non, gros indice, c’est une femme blanche (rires)

Aujourd’hui que dire à quelqu’un qui ne connaît pas Mansfield Tya pour vous définir et lui donner envie de vous découvrir?

Julia: … Je ne sais pas… C’est compliqué pour nous aussi de rentrer dans une case, de se décrire…

Carla: on a même la difficulté quand on doit faire écouter juste un morceau, c’est traître juste un morceau, ça ne représente pas, ce n’est pas assez fidèle. Il faut écouter TOUS les morceaux (rires)

Julia: Mais on est bien entre nous, il y n’a pas besoin d’être plus, après on serait trop (rires)

Pendant le concert, vous ne vous quittez quasiment pas des yeux, c’est vraiment frappant, vous vous en rendez compte? Est-ce volontaire?

Julia: oui moi ça m’aide de regarder Carla, ça m’aide à ne pas regarder ailleurs, à ne pas être déconcentrée, à être dans notre bulle.

Carla: moi ça me choque presque, les gens qui jouent ensemble et ne se regardent pas. Pour nous deux c’est tout simplement naturel.

Julia: en plus à force et depuis le temps que l’on s’accompagne toutes les deux on peut se faire passer des petits codes très simplement, que peut être vous ne percevez pas, des petits signes, “ça c’est bien”, “ça ça veut dire continue”, “ça c’est bien fait un do” (rires), comme à ce jeu… le kem’s!

C’est vrai que souvent les groupes qui ne s’entendent plus, ça se remarque, on voit qu’ils ne se regardent plus…

Julia: oui je crois que c’était le cas à un moment pour Blur qui jouaient dos à dos…

Carla: cela dit, nous venons quelquefois séparément au concert hein… (rires)

Julia: ah oui comme les groupes qui ont des loges séparées!

Oui on voit bien que vous vous détestez, que tout ceci est très artificiel (rires). Bon par contre on va faire une photo de vous deux ensemble !

Julia: bon . Très bien. On se forcera 2 minutes ! (rires)

Interview : Olivier P.
Photo : Sébastien Grisey (site)

Merci à Pauline, Pat et les Trinitaires