Luna :: A Sentimental Education

Depuis 2005, date à laquelle Luna a mis la clef sous la porte, nous attendions des Américains un retour par l’entrée des artistes. Mais c’est plutôt par la porte de service et en toute discrétion que la bande à Dean Wareham a choisi de revenir.

En effet, c’est avec un album de reprises et non pas avec des inédits que l’on retombe sous le charme de Luna. Alors fainéantise ou exercice de style ? Aucun des deux mon général.
À l’écoute de cet A Sentimental Education, on a l’impression que les membres de Luna ont voulu se faire plaisir. Un peu comme des vieux copains musiciens  qui se retrouvent autour de quelques reprises. Et autant dire tout de suite que les vieux briscards n’ont rien perdu de leur superbe.
La magie opère encore lorsque défilent les reprises plus (Friends de Doug Yule) ou moins attendues (Let Me Dream If I Want To de Mink DeVille, Sweetness de Yes, Gin de Willie Loco Alexander).
Après Waiting For A Friend entendue sur Close Cover Before Striking (2002), les auteurs de l’inusable 23 Minutes In Brussels s’autorisent une autre reprise de The Rolling Stones avec le méconnu (Walking Thru’ The) Sleepy City.
D’autres monstres sacrés du rock sont aussi repris ici comme Bob Dylan (Most Of The Time), Fleetwood Mac (One Together), The Cure (Fire In Cairo) et David Bowie (Letter To Hermione)
En parfait connaisseur de la scène indie américaine, Luna termine cet album de reprises avec Car Wash Hair, premier single de Mercury Rev ne figurant sur aucun album.
Avec une très grande honnêteté et un profond respect envers les auteurs des morceaux, Luna s’approprie les titres comme s’ils avaient été écrits par eux. C’est là la réussite incontestable de cet A Sentimental Education.
Il ne faut pas toucher aux idoles : la dorure en reste aux mains.” a écrit l’auteur d’une autre éducation sentimentale Gustave Flaubert. Force est de reconnaître que Luna a toujours de l’or dans les mains lorsqu’il s’agit de composer des œuvres originales ou de faire des reprises.

Damien

LUNA "Friends" from Matthew Buzzell on Vimeo.