Lumerians :: Call Of The Void

Depuis sa formation à San Francisco en 2006, Lumerians explore le rock psychédélique à sa façon sans vraiment se soucier du qu’en dira-t-on et surtout sans vraiment savoir où ils vont. A chaque album, le groupe, installé désormais à Oakland, reformule le genre en lui offrant des épopées hallucinantes allant du space-rock au krautrock en passant par la noise, le free jazz, et même le drone. Il n’est donc pas surprenant, qu’après quatre années d’interruption, le leader de Lumerians annonce que sa formation expérimente encore et que « Si Transmalinnia représentait l’exploration d’un monde extraterrestre et The High Frontier, un voyage dans l’espace, Call Of The Void est une exploration pénétrante de la Terre à travers le regard d’un alien devenu natif  » Le programme, digne des meilleures missions de la NASA, est donc riche. Lumerians est à la musique, ce que Philip K. Dick est à la littérature de science-fiction : des génies de la musique d’anticipation et Call Of The Void est  la preuve irréfutable que des albums ovnis existent bien.
Dédié à la mémoire de Barrett Clark, ami de longue date et collaborateur du groupe, Call Of The Void s’ouvre sur l’instrumental ‘Fuck All Y’All’, un titre sur lequel le David Bowie de Station To Station aurait pu poser sa voix.  Un titre froid mais ô combien évocateur de voyages cosmiques. Souvent dans l’album, les membres de Lumerians font du neuf avec du Neu! en toute Harmonia. On a même parfois l’impression que Michael Rother est venu glisser quelques notes de guitare. Call Of The Void est moins planant qu’un album de Cluster mais tout aussi motorik que n’importe quel titre de Can.
La grande force de Call Of The Void , c’est sa propension à nous embarquer dans un ‘Trans Europe Express’ interstellaire. Sans contrainte, on se laisse happer par cet appel du vide qui ressemble bien à un sommet discographique.
Pour reprendre la métaphore K. Dickienne, on peut dire que les druides psychédéliques sont loin d’être des Pantins Cosmiques et que leurs Machines à Illusions marchent à merveilles lorsqu’ils nous convient dans leur Bal Des Schizos.

Damien